Cortèges de mariages: Roubaix va poursuivre les chauffards au tribunal

SÉCURITÉ ROUTIÈRE La municipalité a peut-être trouvé une nouvelle « arme » pour tenter de calmer les auteurs de délits routiers…

Mikaël Libert

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Illustration - Voiture décorée pour un mariage.
Illustration - Voiture décorée pour un mariage. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un outil de plus dans son arsenal anti-chauffards. Confirmant une information de Nord Eclair, l’adjointe à la sécurité de Roubaix a expliqué à 20 Minutes que la ville allait déposer plainte contre les mauvais conducteurs qui sévissent essentiellement le week-end dans le centre-ville.

« Ils ne respectent rien, ni les feux, ni les ronds-points »

Selon Margaret Connell, l’adjoint en charge de la sécurité à Roubaix, le maire et les habitants en ont assez des cortèges de mariages dont les chauffards sèment l’effroi dans les rues de la ville. « C’est systématique. Tous les vendredis et samedis, il y a un code de la route spécial mariages, grince-t-elle. Ils ne respectent rien, ni les feux, ni les stops, ni les ronds-points… Roubaix devient un circuit ouvert ».

Cette quasi-spécialité roubaisienne a déjà donné lieu à la prise de mesures comme la mise en place de renforts d’agents municipaux à moto et à pied les « jours sensibles ». Depuis peu, la commune utilise aussi la vidéo verbalisation. Du 31 mars au 1er juillet, 41 PV ont été dressés dans ce cadre. « On a observé un léger mieux. Les gens savent que ça existe et se calment un peu. Mais ce n’est pas suffisant », déplore Margaret Connell.

Un an de prison et 15.000 euros d’amende

Dorénavant, la municipalité à l’intention de traîner devant le tribunal correctionnel les auteurs de graves infractions routières. « Nous allons déposer des plaintes pour mise en danger délibéré de la vie d’autrui contre les chauffards qui auront vraiment dépassé les bornes », explique l’adjointe à la sécurité. Ce délit, s’il est avéré, est passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.

Pour Maître Antoine Régley, avocat au barreau de Lille, cette mesure « ressemble bien à un effet d’annonce ». Ce spécialiste en droit routier s’explique : « Pour porter plainte, il faut déjà pouvoir identifier le responsable de l’infraction. Si la ville compte utiliser la vidéosurveillance pour cela, ça posera le même problème que les radars : on identifie le titulaire de la carte grise et non le conducteur ». Exit donc la vidéosurveillance.

« Une infraction compliquée »

Même dans le cas d’un délit constaté par un agent, l’avocat est sceptique : « La mise en danger de la vie d’autrui est une infraction très compliquée à mettre en place. Je n’y crois pas, déclare-t-il. Par exemple, un simple excès de vitesse ne suffit pas. Il faut toute une série de circonstances pour que ce soit caractérisé ».

A ce jour, aucune plainte n’a été déposée. A demi-mot, la municipalité reconnaît espérer que cette annonce aura un effet dissuasif sur ceux qui avaient l’intention de prendre Roubaix pour un circuit de course dès ce week-end.