Lille: Les problèmes entre laïcité et religion pointés par un rapport sénatorial

EDUCATION Un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale sur la « perte de repères républicains » au sein de l’école évoque le cas de l’académie de Lille…

Gilles Durand

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Illustration d'un cours au lycée
Illustration d'un cours au lycée — M.LIBERT/20 MINUTES

Quand la religion s’invite à l’école. Une commission d’enquête du sénat a rendu public, ce mercredi, son rapport consacré à la « perte de repères républicains » au sein de l’école. Cette commission d’enquête a été formée après les incidents liés à la minute de silence à la suite des attentats de janvier : une quinzaine recensée dans l’académie de Lille par le rectorat, une cinquantaine selon des documents remis à la commission d’enquête.

Des règles vécues comme discriminatoires

Dans le cadre de cette enquête, les membres de la commission ont d’ailleurs effectué un déplacement dans l’académie de Lille, le 13 avril. Le compte rendu de ce déplacement met en avant des difficultés rencontrées par les professeurs : elles sont liées au non-respect des règles de discipline, mais aussi de laïcité.


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« Les règles liées à la laïcité demeurent incomprises des élèves, parfois enfreintes et souvent remises en question », souligne le rapport. Notamment sur la question des prières au sein de l’établissement au lycée Jean-Moulin de Roubaix. « Ces règles sont vécues (par les élèves concernés) comme discriminatoires et liberticides », constate le rapport.

La non-mixité progresse

Autre exemple : les cours d’EPS qui font l’objet d’un « fort contournement ». « On y observe un refus croissant de la mixité filles/garçons », pointe le rapport. Une non-mixité entre les sexes qui, selon les élèves, semble être la règle au lycée Averroès de Lille, établissement sous contrat de confession musulmane. « Ce point ne semble pas avoir été relevé par la mission d’inspection du rectorat », peut-on lire dans le rapport sénatorial.

Repli identitaire

Autre constat régional : la radicalisation qui touche une poignée d’individus, « souvent de bons élèves » et « un repli identitaire allant de pair avec un renouveau religieux ». Pour le recteur de Lille, Jean-Jacques Pollet, « le refus d’étudier l’Egypte pré-musulmane, s’il ne constitue pas un incident, est plus préoccupant que des actes relevant de l’insolence lors de la minute de silence ».