Octuple infanticide: Dix-huit ans de prison requis à l'encontre de Dominique Cottrez

JUSTICE Le verdict de la cour d'Assises du Nord dans l'affaire de l'octuple infanticide a été rendu jeudi...

Olivier Aballain

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Dominique Cottrez à l'ouverture de son procès le 25 juin à Douai
Dominique Cottrez à l'ouverture de son procès le 25 juin à Douai — P. HUGUEN

A Douai, le procès pour octuple infanticide de Dominique Cottrez entre dans sa dernière phase. Après l’examen des faits, le rebondissement de début de semaine et le dernier témoignage de l’accusée, la cour d’Assises du Nord entend ce mercredi le réquisitoire de l’avocat général.

Il est précédé de la plaidoirie des parties civiles, dont le mari et les deux filles de Dominique Cottrez, et trois associations de défense de l’enfance.

Le réquisitoire sera retranscrit en direct sur 20Minutes.fr à partir du milieu d’après-midi…

17h40: L'audience est suspendue, elle reprendra demain avec les plaidoiries des avocats de Dominique Cottrez.

Merci de nous avoir suivis.

17h33: Dix-huit ans de prison requis

Pour justifier sa réquisition à dix-huit ans de réclusion, le procureur retient la «fragilité» de l'accusée, ses «troubles psychiques», ses «conditions de vie».

17h32: Il ne demande pas trente ans non plus

«Je ne compte pas demander 30 ans non plus, or on nous demande de justifier l'abaissement». Éric Vaillant évoque l'affaire Lesage, pour laquelle la mère infanticide de 6 enfants a écopé de 15 ans de prison. «Je retiens ce cas».

17h30: Le procureur ne demande pas la perpétuité.

Le procureur souhaite une peine qui ne soit ni trop sévère, ni trop légère. «Vous pourriez demander la réclusion criminelle à perpétuité, je vous demande de ne pas la prononcer».

17h28: «Même la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a»

Le point d'Éric Vaillant est d'expliquer comment Dominique Cottrez a pu rester «emmurée» avec ses problèmes, et pourquoi son mari ne s'est pas occupé de sa contraception. «Mais même la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a», répète le procureur.

17h25:La société bouge trop lentement

L'avocat général effectue une longue digression sur les progrès de la société en matière de connaissance de la sexualité. «Il y a des meurtres de nouveau-nés depuis des milliers d'années, et on a attendu les années 1950 pour mettre en place des méthodes de contraception...»

17h15: Dominique Cottrez n'est «pas psychotique»

L'avocat général reprend les mots du Dr Coutanceau, psychiatre, qui estime que Dominique Cottrez n'est pas malade mentalement, ni «psychotique», mais qu'elle a une névrose «comme nous en avons tous».

17h07: Dominique Cottrez a-t-elle été « manipulée » pendant l'instruction ?

Éric Vaillant émet même l'hypothèse que Dominique Cottrez ait pu être «manipulée» au cours des interrogatoires, jusqu'à produire ce mensonge de l'inceste. «Qui a manipulé qui, je ne sais pas, mais j'ai au moins le sentiment que les jurés pourront se prononcer sur une situation plus proche de la vérité»

17h05: Mauvais interrogatoire

Éric Vaillant revient sur la thèse de l'inceste, avancée par Dominique Cottrez pour expliquer la genèse de ses crimes, puis réfutée lundi. «Cela doit nous amener aussi à réfléchir à la façon dont sont menés les interrogatoires».

17h02: « Un peu plus près de la vérité » ?

En conclusion, Annelise Cau livre une impression : la voix «mieux assurée» et les réponses plus franches de Dominique Cottrez, même quand elle disait «ne pas savoir», montrent peut-être «qu'on était aujourd'hui un peu plus près de la vérité»

16h58: La vice-procureure n'a «pas tout compris» aux développements des experts

«Je dois avoue que je n'ai pas tout suivi, pas tout compris aux développements des experts-psychiatres et des psychologues», confie Annelise Cau

16h56: L'abandon de l'inceste

«Avec l'abandon de la thèse de l'inceste, on a retrouvé un peu de cohérence au cours de ce procès»
 

16h55: Juger sans haine et sans crainte

«De même que vous jugerez sans haine, vous jugerez sans crainte», assène Annelise Cau.

16h52: «Mettre à distance le dégoût et la compassion»

Annelise Cau se tourne vers les jurés: «On a découvert une succession de peines rentrées, de souffrances... Mais vous devez essayer de mettre à distance les sentiments très forts éprouvés face à de tels crimes, l'horreur, l'effroi, mais aussi la forte compassion.»

16h50: «Rendre une existence aux nouveau-nés»

«Si votre décision doit avoir un sens, Mesdames et messieurs les jurés, c'est de rendre une existence à ces nouveau nés, et de faire revenir Madame Cottrez parmi les hommes.»

16h45: Les bébés deviennent «des numéros»

La succession de crimes a fait entrer l'accusée dans «une spirale infernale», estime la procureure. Elle relève que Dominique Cottrez ne se souvient vraiment que du premier, un garçon. «Ensuite ça s'accumule, ils deviennent des numéros».

16h40: Pourquoi les meurtres se sont arrêtés?

Pour Annelise Cau, Dominique Cottrez a stoppé sa série d'infanticides en raison de l'irruption à la maison du compagnon de sa fille. «Elle voyait le risque d'être découverte»

 

16h35: L'avocate générale ne retient pas la préméditation

Le parquet demande aux jurés de ne pas retenir la préméditation,. «J'ai un doute sur la préparation des meurtres en amont», estime Annelise Cau. Si elle est suivie, l'accusée ne risque plus la perpétuité mais une peine de 30 ans...

16h25: «Nous ne sommes pas insensibles»

La vice-procureure Annelise Cau se lance. «Je veux dire à Mme Cottrez que nous ne sommes évidemment pas insensibles à ce qui s'est dit cette semaine dans cette salle.»

16h20: Le premier bébé tué s'appelle Xavier

La procédure a abouti tout récemment. Le premier bébé étant un garçon mort en décembre, ils ont choisi le premier prénom masculin du mois de décembre : Xavier. Et ainsi de suite: Hubert, Fleur, Ingrid, Alphonse, Mariette, Blandine, Judith.

16h17: Les bébés «assassinés» ont un prénom

Éric Vaillant raconte qu'il a souhaité, de sa propre initiative, lancer une procédure établissant un État Civil pour ses enfants. La famille n'a pas voulu s'y associer. «Nous avons donc déterminé une méthode, au bureau, pour choisir les prénoms». «Ces bébés ont quitté les limbes, ils existent», explique le procureur.

16h15: «Comment n'a-t-il pas vu ce qui se passait?»

Les explications du procureur sur sa perception de l'affaire le conduisent à expliquer pourquoi il s'est battu pour faire mettre en examen Pierre-Marie Cottrez. «Un type qui couche avec elle, comment n'a-t-il pas vu ce qui se passait ?»

16h10: Le procureur très pédagogique

Le procureur de Douai est connu pour savoir communiquer auprès du public. Sans surprise, il prend une posture très, très pédagogique envers les jurés en expliquant son aciton depuis les débuts de l'affaire, le 24 juillet 2010.

16h08: «Un crime qu'on reproche quasi exclusivement à des femmes»

Éric Vaillant estime qu'il était important qu'il y ait deux représentants du ministère public, dont une femme. «Les hommes commettent aussi des meurtres d'enfant, mais les néonaticides (meurtres de nouveau-nés) sont presque toujours commis par des femmes». «C'est peut-être sexiste, mais j'ai pensé qu'avoir une femme à mes côtés était important».

16h03: «La plus grosse affaire d'infanticide»

«C'est la plus grosse affaire d'infanticide jamais vue dans les annales judiciaires». Éric Vaillant dit qu'il ne veut pas regarder les records. «e suis même persuadé qu'il y en eu de plus grandes dans l'histoire de l'humanité, mais ce n'est pas la question»

16h: «Du recul»

Éric Vaillant se lance en recommandant aux jurés de prendre «du recul» sur ce qui s'est joué devant eux.

16h: L'audience est reprise.

15h55: Deux procureurs pour requérir

Deux avocats généraux ont été désignés pour ce procès.


Éric Vaillant est le procureur de la République à Douai. Il n'est pas avocat général en titre pour les Assises du Nord, mais il a obtenu de suivre, jusqu'à son terme, une affaire dont il s'est occupé depuis ses premiers développement, à l'été 2010. Annelise Cau, vice-procureure, est venue le renforcer dans le cadre de la préparation du procès.

15h45: L'audience est suspendue. Reprise à 16h avec les réquisitions.

15h30 : La condamnation, une manière de comprendre ?

Me Costantino estime que la responsabilité pénale doit permettre à l’accusée de comprendre ses actes, et ce qui l’a poussée à les commettre. D’après lui, le fait de laisser traîner les sacs était une façon d’interpeller son mari.

15h20: La valse des experts psy

Me Costantino, pour l'association «Enfance et Partage», pointe du doigt le nombre important de psychologues et experts-psychiatres venus livrer leur sentiment sur la personnalité de l'accusée. «On aurait pu entendre encore d'autres experts, et ils nous auraient donné encore d'autres point de vue sur la personnalité de Mme Cottrez».

15h00: Dominique Cottrez en pleurs

Me Yves Crespin, avocat de «Enfant Bleu - Enfance en danger», évoque ces «trente secondes qui se sont écoulées entre le moment où vous récupérez votre bébé dans la cuvette et celui où vous l'étouffez, ces trente secondes où ce petit ange avait une chance». L'accusée, à 50 cm de lui, est secouée de sanglots sonores, plutôt rares pendant ce procès.

14h50 : Le réquisitoire après les associations.

Le réquisitoire du ministère public, qui suggérera aux jurés la peine qu’ils pourraient infliger à Dominique Cottrez, interviendra après la plaidoirie des avocats de trois associations de défense de l’enfance, « Enfance et Partage », « Enfant Bleu - Enfance Maltraitée », « Enfance en danger ».

14h45: «Je vous défie de dire que Dominique Cottrez n'est pas une bonne mère»

Me Gribouva défend aussi les deux filles de Dominique Cottrez, sur une position forcément ambivalente. «Elles l'expriment chacune de façon différente, mais elles ont de la reconnaissance pour elle, c'est pour ça qu'elles sont là. Oui, je défie quiconque de dire qu'elle n'était pas une bonne mère.»

 

14h30 : Pierre-Marie Cottrez, « pas le dernier des salauds, pas le dernier des maris »

En ouverture de l’audience cet après-midi, Me Gribouva a d’abord plaidé pour Pierre-Marie Cottrez. Selon l’avocat de la famille, partie civile au procès, Pierre-Marie Cottrez « n’est pas le mari idéal » mais il est « fidèle, il ne l’a jamais abandonnée ».

En accord avec son client, il demande néanmoins « pardon, pardon pour son absence de soutien, pour son mutisme, pour son manque de sollicitude ».