Assises de Douai: Dominique Cottrez raconte son premier infanticide

JUSTICE L’accusée a expliqué à la cour comment elle en était arrivée à commettre son premier assassinat…

M.L. avec AFP

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Dominique Cottrez et ses avocats Franck Berton et Marie-Helene Carlier à l'ouverture de son procès le 25 juin 2015 à Douai
Dominique Cottrez et ses avocats Franck Berton et Marie-Helene Carlier à l'ouverture de son procès le 25 juin 2015 à Douai — PHILIPPE HUGUEN AFP

Deuxième jour du procès de Dominique Cottrez aux assises du Nord, à Douai. Jugée pour un octuple infanticide, l’accusée a fait le récit glaçant du premier assassinat d’un de ses bébés.

En décembre 1989, Dominique Cottrez tue le premier des huit bébés, mis au monde dans la clandestinité jusqu’au début des années 2000.

Elle prétexte un malaise

Quand elle ressent les contractions, elle fait garder ses deux filles par ses parents en prétextant un malaise. Une fois en position, l’accouchement « a mis un certain temps, j’ai poussé, le bébé est venu, je l’ai pris dans mes bras, je l’ai mis sur mon ventre, il s’est passé quelque temps », a relaté d’une voix faible mais constante Dominique Cottrez.

« J’ai attendu que le placenta tombe et je l’ai mis dans un sachet pour pouvoir m’en débarrasser », a-t-elle poursuivi, revêtant vendredi le même long gilet gris que la veille autour de sa silhouette obèse.

« Je le mets dans une serviette et je l’étrangle »

Elle a ainsi, dans un premier temps, éludé le moment de l’assassinat. Mais, poussée par la présidente Anne Segond à reprendre le récit au début, elle a fini par livrer : « Je le mets dans une serviette et je l’étrangle ». « Je l’entends cracher, se moucher », a-t-elle dit à propos du bébé. « De temps en temps, je relâche ».

« Le fait de mettre le bébé sur son ventre c’est pour la mère s’approprier le bébé, c’est au moment où vous le sentez sur vous que vous prenez la décision (de le tuer) ? », interroge la présidente.

« Oui », a lâché l’accusée, malgré la préparation d’une serviette et de sacs au préalable.

Jusque-là, une certaine passivité, une indécision, marquaient l’attitude ayant permis à la grossesse d’arriver à son terme, a fait remarquer la présidente. Mais l’assassinat du bébé relève de l’action tandis que « la passivité commande de laisser l’enfant vivre ».

« Je ne savais pas quoi faire », a marmonné l’ancienne aide-soignante.

Devaient suivre, dans la journée de vendredi, les témoignages très attendus du mari, des filles et d’une sœur de Dominique Cottrez.