Octuple infanticide: Dominique Cottrez très émue à l'ouverture de son procès

JUSTICE L’ancienne aide-soignante elle comparaît pour le chef d’assassinat de huit mineurs de moins de quinze ans…

M.L. avec AFP

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Dominique Cottrez, 51 ans, accusée d'un octuple infanticide, le jour de l'ouverture de son procès aux assises de Douai (Nord), le 25 juin 2015.
Dominique Cottrez, 51 ans, accusée d'un octuple infanticide, le jour de l'ouverture de son procès aux assises de Douai (Nord), le 25 juin 2015. — Michel Spingler/AP/SIPA

Le procès de Dominique Cottrez, ancienne aide soignante ayant tué huit de ses enfants à leur naissance à partir de 1989, a débuté jeudi devant la cour d’assises du Nord, à Douai, avec une accusée très émue.

Une accusée visiblement émue

La voix brouillée par l’émotion, Mme Cottrez, 51 ans, placée sur une chaise et non dans le box des accusés, s’est présentée au micro à la Cour. Cheveux coupés courts et lunettes rectangulaires vissées sur le nez, sa ronde silhouette enveloppée dans un long gilet gris, elle était en pleurs avant même le début de l’audience.

Elle comparaît pour le chef d’assassinat de huit mineurs de moins de quinze ans. Des faits pour lesquels elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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Le procès, prévu pour s’achever jeudi prochain, devra faire la lumière sur les mécanismes qui poussent une mère à reprendre la vie qu’elle vient de donner.

« Elle ne cherche pas à minimiser sa responsabilité. Son arrestation lui a permis de prendre conscience de ce qu’elle a fait », assure maître Frank Berton, l’un de ses deux avocats, à son arrivée au Palais de justice de Douai.

Une relation avec son père

« Elle était prisonnière d’une spirale psychique. Pour elle, ses enfants n’avaient aucune identité, ils n’étaient que le fait du rapport incestueux avec le père », a ajouté l’avocat en référence à l’un des coups de théâtre de l’instruction, quand l'accusée avait relaté sa relation avec son père mort en 2007.

Le procès devrait notamment examiner le rapport avec son entourage familial, qui ne s’est jamais rendu compte de ses grossesses.

« Mme Cottrez a fait savoir que si elle avait pu parler, si elle n’avait pas été dans un certain anonymat, on n’en serait pas arrivé là », a déclaré maître Rodolphe Costantino, avocat de l’association « Enfance et partage », constituée partie civile.

A l’ouverture de l’audience, l’époux, Pierre-Marie Cottrez, et les filles de Dominique Cottrez, se sont sans surprise constitués partie civile.