Vidéo. La mairie lui coupe le son pour une chanson trop «engagée»

INSOLITE A Neuville-en-Ferrain, un artiste s’est vu privé de sonorisation en plein milieu d’une chanson dont les paroles cassaient l’ambiance de la Fête de la musique…

Mikael Libert

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Le rappeur nordiste Saozer Don Pachino
Le rappeur nordiste Saozer Don Pachino — Saozer Don Pachino

On lui a coupé le sifflet. Dimanche, lors de la fête de la Saint-Jean, à Neuville-en-Ferrain, un rappeur nordiste a été interrompu en plein milieu de sa prestation parce que les paroles de sa chanson ne collaient pas avec « l’ambiance familiale » du lieu.

« C’est de la censure pure et simple », s’emporte El Lanssana Diawara, alias Saozer Don Pachino, un jeune rappeur habitant à Halluin. Le chanteur est monté sur la scène vers 19h, dimanche. « J’ai commencé ma première chanson, mais je me suis vite rendu compte que le son baissait peu à peu. Et, après seulement une minute trente, plus rien ne sortait des haut-parleurs ».

« Il critique tout le monde »

« C’est vrai que j’ai coupé le son », avoue Sylvain Craye, responsable du service animations à la maire de Neuville-en-Ferrain. « Mais ce n’est pas de la censure, se défend-il. Je l’avais prévenu que je voulais des textes positifs pour coller avec l’ambiance familiale et là, il a commencé par une chanson où il critique tout le monde ». « On m’avait juste demandé d’éviter les paroles racistes ou à caractère sexuel, rétorque Saozer, je ne comprends pas ».

Des personnes choquées ?

Ironie du sort, le texte incriminé s’intitule justement « Auto censure ». Les paroles sont, en effet, gentiment revendicatives. L’auteur tape un peu sur les « hommes qui essaient de diriger le monde », sur les « lois, pour certaines immondes », sur « ce foutu gouvernement ». Rien de neuf sous le soleil en somme, sauf que, selon Sylvain Craye, « une dizaine de personnes sont venues me trouver parce qu’elles étaient choquées par les paroles ». Alors que, de son côté, Saozer affirme avoir « été encore plus applaudi que les groupes avant et après lui ».

Chacun reste donc persuadé de son bon droit, même si la délicatesse aurait voulu qu’on laisse au rappeur le temps de terminer sa chanson. « Je ne le connaissais pas. J’aurais dû écouter ce qu’il faisait avant de le laisser chanter », concède Sylvain Craye. « Je reviendrai », a promis Saozer avant de quitter la scène. Un retour prévu « courant juillet », dans les bacs, avec la sortie de son premier album Dédoublement de personnalité.