Nord: Pourquoi la grève ne menace pas le brevet des collèges

Éducation Un préavis de grève est annoncé pour les 2 et 16 juin, jours des épreuves du brevet des collèges...

Olivier Aballain
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Strasbourg le 19 juin 2014. En classe de 3eme au college Rouget de Lisle. La maitresse Marie Bonnaure. Autorisation photo parentale pour l'ecole
Strasbourg le 19 juin 2014. En classe de 3eme au college Rouget de Lisle. La maitresse Marie Bonnaure. Autorisation photo parentale pour l'ecole — G. Varela \ 20 Minutes

Les syndicats enseignants ne désarment pas contre la réforme du collège. Dans le Nord-Pas-de-Calais, une intersyndicale CGT-SNALC-SNCL-FSU-AD annonce un appel à la grève pour les deux journées d’épreuve du brevet, les 25 et 26 juin prochain.

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Toutes les académies ne sont pas touchées par le mouvement, qui fait suite aux journées d’action « réussies » (selon les syndicats) du 19 mai et du 11 juin. Dans le Nord, un préavis a également été déposé les 29 et 30 juin, pour la correction des épreuves.

Pour autant, les candidats et leurs familles ne doivent pas s’inquiéter, car la grève ne devrait perturber en aucun cas le bon déroulement des épreuves. Voici pourquoi.

L’académie a déjà pris les devants.

Le rectorat de Lille s’attendait au mouvement. Certains syndicats assurent que les services académiques ont pris la précaution de convoquer davantage d’enseignants que d’habitude, pour les épreuves du Brevet. « Même certains professeurs de lycée ont reçu une convocation », témoigne un membre de l’intersyndicale.

Le rectorat, lui, rappelle que les chefs de centre d’examen (principal ou proviseur) n’ont pas reçu de consigne de précaution particulière, mais que leur mission est bien de veiller au bon déroulement des épreuves. « Chaque année, ils convoquent des suppléants pour parer aux absences », précise le cabinet du recteur.

Le Rectorat n’est jamais démuni

Malgré sa prévoyance, le rectorat pourrait être pris en défaut par la mobilisation importante des enseignants. A la FSU, Catherine Piécuch se dit fortement soutenue par la base : « De nombreux collègues sont venus nous voir pour nous dire qu’ils souhaitaient se mobiliser à nouveau ».

Mais le Recteur et les chefs d’établissement disposent de deux armes. D’abord, en cas de nécessité, les chefs de centre d’examen peuvent faire appel à du personnel non-enseignant (des agents administratifs, notamment) pour surveiller les épreuves. « En général, tout l’établissement est mobilisé pour que les épreuves se passent bien », rappelle le rectorat.

Et en dernier lieu, l’arme absolue est la réquisition des enseignants. Le cas s’est déjà produit en 2003, lorsque la mobilisation contre la réforme des retraites est tombée pendant les épreuves du Bac. Mais ce type de mesure est très rarement employé, et n’est pas envisagé cette année, selon nos informations.

Des grévistes « responsables »

« Le but n’est évidemment pas de pénaliser les élèves, mais de mettre la pression sur le rectorat », explique Catherine Piécuch. En pratique, les enseignants veulent surtout forcer les services du recteur à anticiper. Par ailleurs, les grévistes participeront à des opérations de sensibilisation des parents, le jour des épreuves, à l’entrée des établissements.