Lille: La grogne de quatre associations d'usagers du train

TRANSPORTS Elles militent pour que les usagers ne deviennent pas les « oubliés du rail »…

Mikaël Libert

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Un train TER entre en gare de Lille Flandres
Un train TER entre en gare de Lille Flandres — M.Libert/20 Minutes

Du « bruit » contre le silence des institutions. Ce mardi, les associations A fond de train (AFDT), Union des voyageurs du Nord (UVN), Arda et Train life ont dénoncé, dans une conférence de presse commune, les différents points qui posent problème dans le transport ferroviaire de voyageurs dans la région Nord-Pas-de-Calais.

Le « mépris des usagers »

Les associations s’insurgent contre la « logique économique » de la SNCF, de l’Etat et de la région qui ne tient pas compte de l’avis des usagers. « La SNCF veut cantonner ses TGV sur les lignes à grande vitesse au détriment, par exemple, d’Arras où deux TGV ont déjà été supprimés en fin d’après midi », explique Christophe Verger-Lecocq de l’Arda. « En cas d’important retard, l’arrêt à Douai est tout simplement supprimé », renchérit Gérard Dupagny de l’AFDT.

Des travaux vont être entrepris sur la ligne Lille-Valenciennes-Sambre-Avesnois. Ils débuteront au mois de juillet pour une durée de huit mois. « Alors que sur la ligne à grande vitesse Nord-Picardie les travaux ont été réalisés de nuit, là, ce sera fait de jour. Les trains vont être supprimés au détriment des usagers », s’indigne Gérard Dupagny.

Un problème politique

L’Arda appelle tout simplement au boycott de la liste socialiste aux élections régionales : « On a entendu Pierre de Saintignon promettre une liaison rapide et directe entre Paris, Amiens et Lille. C’est de la démagogie électoraliste, on sait que ce n’est pas réalisable en l’état actuel des infrastructures », proteste Christophe Verger-lecocq.

Les trois autres associations sont aussi d’accord pour dénoncer une « incohérence entre les propositions politiques et les besoins des usagers ». « Le projet de RER entre Hénin-Beaumont et Lille, ce n’est pas raisonnable, explique Gérard Dupagny. Autant injecter cet argent pour améliorer ce qui existe déjà ».

Une gestion du rail éclatée

« Il n’y a pas de vision et de gestion sur le long terme pour le rail », regrette Gilles Laurent de la FNAUT. En cause, le fait que différents acteurs se partagent la gestion des trains : « L’Etat, les régions et la SNCF se partagent la mise en œuvre des TER, des TGV et des Intercités. Chacun gère son périmètre sans se parler, Il n’y a aucune cohérence », poursuit Gilles Laurent. Pour les associations, une des solutions serait la mise en place d’« Assises du train », « pour que les trois acteurs s’accordent et qu’ils écoutent l’avis des usagers ».