Nord: Tant bien que mal, les maires tentent d'encadrer les mariages agités

FAITS DIVERS Des tirs de joie ont provoqué la mort d’une jeune fille samedi à Marly (59)…

Olivier Aballain

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Rodéo en moto en région parisienne (illustration)
Rodéo en moto en région parisienne (illustration) — HADJ

A Marly, le terrible drame qui a coûté la vie, samedi, à une jeune fille de 19 ans, atteinte par un coup de chevrotine tiré d’un cortège nuptial, ne sera pas sans lendemain.

Le maire (PC) de la commune, Fabien Thiémé, appelle à la constitution d’une table ronde avec les acteurs du quartier et le sous-préfet, pour que « cela ne se reproduise plus jamais ».

Une « tradition » déjà interdite

« Effondré » par un drame « inadmissible », l’édile estime n’avoir jamais rencontré « lui-même » de problème lors de la centaine de mariages célébrés tous les ans dans la commune.

Mais il souhaite prévenir les dérives. « On m’a expliqué la tradition qui existait dans certains pays du Maghreb. Mais même dans ces pays où les coups de feu ont pu être traditionnels pour un mariage, on les a interdits », fait valoir Fabien Thiémé.

L’exemple roubaisien

Le maire de Marly indique qu’il pourrait suivre l’exemple roubaisien.

Son collègue Guillaume Delbar (LR) y poursuit la politique mise en place par la municipalité précédente (PS) : depuis 2011, les mariages sont interdits le samedi après-midi, pour limiter les risques aux environs de l’hôtel de ville. L’adjointe à l’État civil est même connue pour faire la morale à l’assistance, et une charte de bonne conduite est distribuée aux mariés.

Quelques incidents sont encore recensés (dont un vendredi, qui a entraîné l’hospitalisation d’un enfant de 3 ans), mais la présence ciblée des forces de l’ordre a tendance à limiter les abus, rapporte la Voix du Nord. Pour autant, selon la ville, un mariage sur trois donne encore lieu à des débordements.

Il semble que la «tradition» soit en réalité un phénomène de mode très localisé: à Lille par exemple, aucun dispositif n'a dû etre mis en place spécifiquement pour les mariages.

« Il faut voir ce que l’on peut faire avec la police nationale, pour éventuellement encadrer les cortèges. Les abus ne doivent pas être tolérés », estime Fabien Thiémé.

De son côté, un député UMP du Vaucluse, Julien Aubert, a justement déposé en décembre une proposition de loi visant à encadrer les cortèges nuptiaux comme des manifestations, avec déclaration obligatoire en préfecture.