Violences urbaines à Tourcoing: Le procureur veut «rétablir la vérité»

SOCIÉTÉ Lors d’une conférence de presse, Frédéric Fèvre est revenu sur les faits qui seraient à l’origine du déclenchement des violences…

M.L. avec AFP

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Le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre (archives).
Le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre (archives). — M.LIBERT/20 MINUTES

Jeudi après-midi, le procureur de Lille, Frédéric Fèvre, a souhaité « rétablir la vérité » sur l’accident qui a coûté la vie au passager d’un véhicule, lundi matin à Tourcoing. Dans le choc, le conducteur a été grièvement blessé et un troisième homme, passager arrière, a eu le fémur brisé. Dès le lundi soir, des violences avaient éclaté dans le quartier sensible de la Bourgogne, à Tourcoing. Les violences se sont poursuivies les jours suivants.

Quatre feux grillés

Vers 2 h 15, lundi matin, deux fonctionnaires à bord d’un véhicule de police-secours avaient décidé d’intercepter une Peugeot qui venait de griller un feu. Selon le magistrat, cette dernière avait accéléré et fait des embardées « pour empêcher le véhicule de police de se porter à sa hauteur ». Lors de la « poursuite », les occupants de la Peugeot 106 vont à nouveau « franchir trois autres feux qui sont au rouge ».

La route étant glissante, les agents avaient décidé de ralentir, perdant de vue le véhicule en fuite avant un virage, « réputé dangereux à Tourcoing ». Une fois le tournant franchi, les policiers s’étaient rendu compte que la Peugeot avait percuté un arbre.

Les policiers « ne sont en rien impliqués »

Frédéric Fèvre a aussi tenu à préciser que « la distance parcourue lors des faits est de 1,7 km et qu’il s’est passé 1,14 minute entre le moment où les policiers avisent par radio qu’ils prennent en charge un véhicule et le moment où ils demandent aux secours de venir ». « Les policiers ont fait tout leur travail et rien que leur travail. Ils ne sont en rien impliqués », a affirmé le magistrat.

L’enquête a permis de montrer que le véhicule faisait l’objet d’une mesure d’immobilisation pour défaut d’assurance. « Le passager arrière nous l’a confirmé. Le conducteur (le) savait et ne voulait pas payer une amende s’il était pris », a rapporté le procureur. Les trois occupants, trois jeunes majeurs, étaient « très défavorablement » connus de la justice et des services de police.