Pro D2 : Comment le LMR est passé de l'anonymat à la gloire en onze ans

RUGBY Le club a franchi les étapes progressivement depuis 2005...

Francois Launay

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Les joueurs du LMR célèbrent la montée en Pro D2
Les joueurs du LMR célèbrent la montée en Pro D2 — Eric Morelle

Il y a onze ans, ils étaient à peine 150 à se masser au stade universitaire Gaston Berger pour voir jouer le LMR. A l’époque, le club s’appelle encore le LUC rugby et le monde professionnel, que le club a rejoint dimanche, est à des années-lumière. Dans son championnat de Fédérale 3 (cinquième niveau national), le club se bat pour exister mais les ambitions commencent à naître dans un coin de la tête de quelques dirigeants. Président du club à l’époque, Jean-Louis Leblon cherche du soutien pour développer l’équipe senior. « Je n’avais pas les réseaux politiques et économiques nécessaires et c’est comme ça que je suis allé chercher Jean-Claude Branquart », raconte celui qui est devenu président de l’association du LMR.

Développer un grand club de rugby dans le Nord

Arrivé à la tête du club en automne 2004, Jean-Claude Branquart, nommé président du club dans la foulée, se met rapidement à l’ouvrage. « Je suis allé voir Michelle Demessine, alors vice-présidente chargée des sports à la communauté urbaine, pour lui parler du club et savoir comment on pouvait le développer. A l’époque, le LOSC venait de rejoindre le Stadium Nord en attendant la naissance de son projet de nouveau stade. La métropole savait que le club n’y resterait pas éternellement et cherchait une équipe capable de lui succéder à plus ou moins long terme. Elle nous a dit que si notre club voulait mener ce projet-là, la communauté urbaine serait prête à nous accompagner en nous soutenant économiquement », raconte celui qui a cédé la présidence l’été dernier à Jean-Paul Luciani. L’idée d’un grand club de rugby dans le Nord est sur les rails.


Le tournant de l’été 2010

Quelques mois plus tard, le club monte en Fédérale 2 où il reste jusqu’en 2008 avant d’accéder en Fédérale 1. Le LMR poursuit sa montée en puissance et quitte même le stade Gaston Berger pour s’installer au stade des Ormes de Lomme. Le rêve de Pro D2 prend forme mais un problème administratif va tout remettre en cause un an plus tard. En raison d’un déficit de 20.000 euros, la Fédération Française de rugby décide de rétrograder le club en Fédérale 2 à l’été 2010. Après plusieurs appels, les dirigeants lillois vont jusqu’au conseil d’Etat pour défendre leur cause et sauver le club. Mission accomplie même si la Fédération, déboutée par le conseil d’Etat, « se venge » en plaçant le LMR dans la poule du Sud-Ouest contre toute logique géographique.


Quand le Sud-Ouest adoube le LMR

Mais ce qui semblait être un calvaire va en fait devenir une vraie chance pour le club nordiste. « On a acquis une vraie dimension dans le rugby français à ce moment-là. On allait dans le Sud Ouest qui est le cœur du système du rugby français. On a montré qu’on était à la hauteur et on s’est aussi trouvé un public car on jouait contre des équipes mythiques du rugby », se souvient Jean-Claude Branquart. D’une centaine de spectateurs, l’affluence du stade des Ormes passe rapidement à un millier et le LMR commence à se faire un nom dans le Nord.


« On est passé de 200 à 4.000 spectateurs, de 200.000 euros à 2 millions de budget, c’est incroyable »

A partir de ce moment-là, Lille ne va plus arrêter de grandir avec une installation au Stadium Nord en 2012 et quatre finales d’accession d’affilée. Après trois échecs, le LMR a enfin atteint son Graal, onze ans après être parti de rien. « On est passé de 200 à 4.000 spectateurs, de 200.000 euros à 2 millions de budget, c’est incroyable », s’exclame Jean-Louis Leblon qui s’est fixé un nouveau rêve. « J’aimerais qu’on soit un jour champions d’Europe », lâche déjà le dirigeant. Aussi impossible que d’imaginer un club nordiste évoluer en Pro D2 il y a seulement onze ans…