Régionales: «Le service public est le capital des pauvres», estime Pierre de Saintignon

POLITIQUE La tête de liste nordiste du PS aux élections régionales de décembre 2015 livre les premiers axes de sa campagne…

Olivier Aballain

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Pierre de Saintignon, 1er vice président (PS) de la région Nord Pas-de-Calais.
Pierre de Saintignon, 1er vice président (PS) de la région Nord Pas-de-Calais. — O.Aballain/20 Minutes

Il s’est déclaré tout seul, à la rentrée 2014, quand certains proches lui disaient d’attendre. Son choix a payé : depuis février, Pierre de Saintignon est officiellement le chef de file du PS aux régionales 2015. Le vice-président sortant du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais livre ses premières propositions ce jeudi.

Quelles seront vos priorités pour le Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?

L’élément central sera le travail. Je pense que nous pouvons généraliser le circuit court (embauche directe d’un habitant des quartiers). En 14 mois en Nord-Pas-de-Calais, ce circuit a permis à 8.000 jeunes des quartiers de décrocher un emploi dans une grande entreprise, ou une formation avec promesse d’embauche. Je veux multiplier ce dispositif par dix, et fournir ainsi 30.000 à 40.000 emplois par an. Et je veux aussi défendre l’accès à l’emploi des séniors.

Vous semblez mener campagne en solitaire. Est-ce pour vous démarquer de l’héritage de la majorité sortante ?

Absolument pas. J’ai d'abord voulu me dépouiller, pour me rendre totalement disponible pour la population. Mais je suis fier de ce que nous avons accompli. Contrairement à ce que prétend le décliniste Xavier Bertrand, la grande région est première sur l’agroalimentaire, première en progression des créations d’entreprise, première pour la croissance de l’emploi dans les start-ups. Il y a aussi le succès du Louvre-Lens. Et nous sommes la seule région qui fait circuler des TGV sur les lignes TER.

La mobilité sera-t-elle aussi un axe de votre campagne ?

Oui, mais la mobilité dans tous les sens du terme. Nous devons améliorer la liaison entre la Picardie et le bassin parisien. Mais je veux aussi convaincre les jeunes de bouger pour trouver un emploi.

Souhaitez-vous réorganiser les services de la région ?

Je veux travailler sur le service public, qui est le vrai capital des pauvres. Immédiatement après l’élection, je créerai vingt maisons de la région pour tisser du lien avec les territoires. Je les vois comme des start-ups publiques, animées par des agents surmotivés, pour répondre aux besoins de la population. Il y aura moins de monde dans les bureaux de l’hôtel de région.

Où en sont les négociations avec vos partenaires à gauche pour une liste commune ?

Les discussions sont en cours. Je crois que nous pouvons nous entendre sur des valeurs essentielles, tout en restant conscient de nos désaccords. C’est le fait d’être d’accord sur tout qui est inquiétant. Je me donne jusqu’en octobre.