Nord: Les trois hésitations de Marine Le Pen pour les régionales

POLITIQUE La présidente du Front national n'a pas encore livré ses intentions pour les élections régionales...

Olivier Aballain

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Marine Le Pen dans l'isoloir en 2014
Marine Le Pen dans l'isoloir en 2014 — M. Libert

Ira, ira pas ? Dans l’entourage de Marine Le Pen, on dément avec vigueur ce lundi l’information de RTL sur sa volonté de mener la liste FN aux élections régionales de décembre, en Nord-Pas-de-Calais-Picardie : « C’est bidon. Rien ne sera annoncé ni cette semaine, ni la semaine prochaine ». Le point sur ce qui fait hésiter la présidente frontiste.

Stratégiquement : une erreur

Dans la bataille des régionales, Marine Le Pen paraît avoir tout à perdre. Certes, la présidente du Front national partirait favorite sur le papier, de l’aveu même du candidat des Républicains, Xavier Bertrand.

Retrouvez ici notre entretien avec Xavier Bertrand, qui réfute tout front anti-FN

Mais en cas de victoire, elle se retrouverait à la tête d’un nouvel exécutif… juste avant d’attaquer la présidentielle, qui constitue son objectif principal. Marine Le Pen commencerait donc la campagne de 2017 en abandonnant la troisième région de France, moins de deux ans après l’avoir conquise.

Et en cas de défaite, le problème serait certes résolu, mais la responsable frontiste se verrait alors fragilisée par son échec, toujours dans la perspective de l'élection présidentielle.

Politiquement : compliqué

Peut-on mener deux campagnes majeures de front ? Expliquer aux électeurs qu’on brigue la grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, tout en apparaissant dans les médias comme un acteur majeur de la campagne présidentielle ? 

Pour Marine Le Pen le dilemme est réel. Mais elle peut prendre exemple sur son concurrent de droite, Xavier Bertrand, qui est toujours candidat aux primaires de son parti pour 2017.

« Front nationalement » : incontournable ?

C’est probablement ce qui va décider Marine Le Pen : à part elle, personne dans son parti ne paraît réellement en position de mener la liste frontiste en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Philippe Eymery, conseiller régional très présent dans le Dunkerquois, a un déficit de notoriété. Steeve Briois, le maire d’Hénin-Beaumont, veut se concentrer sur sa ville, première conquête majeure du FN « nouvelle génération ». Quant à Franck Briffaut, le maire de Villers-Cotterêts (Aisne), il vient tout juste de voir son élection confirmée par le Conseil d’État.