Lille: Au tribunal, Sofiane Zitouni assume ses attaques contre le lycée Averroès

JUSTICE Le professeur de philosophie, Sofiane Zitouni, était jugé, ce vendredi, au tribunal de police de Lille pour diffamation et injure non publiques à l'encontre du lycée musulman Averroès...

Gilles Durand

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Sofiane Zitouni devant le tribunal de Lille.
Sofiane Zitouni devant le tribunal de Lille. — G. DUrand / 20 Minutes

Il dénonce «le double langage» de la direction du lycée Averroès. Le procès de Sofiane Zitouni pour diffamation et injure non publique s’est tenu, ce vendredi matin, au tribunal de police de Lille. En cause, un courrier électronique que ce professeur de philosophie a envoyé à plusieurs de ses collègues du lycée musulman lillois, traitant notamment la direction de «nid de vipères hypocrites». Une expression qui serait restée dans la sphère privée si l’association qui gère l'établissement scolaire n’avait pas porté plainte

Une tribune sur les attentats à Charlie Hebdo

Cette affaire commence par une tribune que Sofiane Zitouni publie dans Libération sous le titre «Aujourd’hui, le prophète est aussi Charlie». Il y dénonce les attentats de Charlie Hebdo. Selon lui, ses relations, déjà tendues, avec certains collègues et certains élèves seraient alors devenues «insupportables».

Il se trouve, depuis, en arrêt maladie. «Je ne peux plus aller travailler dans un établissement qui n’applique pas l’esprit de tolérance du philosophe musulman Averroès», explique-t-il à la barre.


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«Idéologie salafiste»

Interrogé par la présidente du tribunal, ce prof, âgé de 48 ans, assume ses propos: «Certains enseignants et élèves tiennent des discours radicaux et ouvertement antisémites, inspirés de l’idéologie salafiste et la direction laisse faire. Une vipère a une langue bifide, comme une fourche, et symbolise le double langage. J'aurais pu dire un panier de crabes», affirme-t-il. «M. Zitouni a créé un énorme désarroi auprès des élèves par ce propos. De plus, il n’a jamais fait remonter le moindre signalement au rectorat», rétorque Hakim Chergui, avocat du lycée Averroès qui réclame 1.500 € d’amende. Décision du tribunal le 4 septembre.

Aucune plainte pour diffamation publique

Par ailleurs, le lycée Averroès se garde bien d’attaquer les accusations publiques portées dans la deuxième tribune de Libération par son ancien professeur. Contactée, la direction n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet, mais aucune procédure pour diffamation publique n’a été engagée à ce jour. Et le délai de préscrition est atteint.

En février, au cœur de cette polémique, une inspection de l’Education nationale au sein du lycée avait conclu que « les termes du contrat avec l’Etat [étaient] globalement respectés », mais que « sur certains points, il [convenait] de clarifier le statut et la place du religieux ».