Calais: L'horizon de la compagnie MyFerryLink s'éclaircit encore

ÉCONOMIE « 20 Minutes » fait le point sur l'avenir de la compagnie...

Olivier Aballain

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Calais, le 15 aout 2014. Un bateau de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais.
Calais, le 15 aout 2014. Un bateau de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais. — M.Libert/20 Minutes

A Calais aussi, la météo des affaires est une science incertaine. Mais elle garantit au moins quelques semaines de répit à MyFerrylink.

Depuis vendredi 22 mai, la compagnie de ferries est définitivement débarrassée de l’interdiction d’accoster à Douvres, dont elle était menacée à partir de juillet. Mais cela reste une étape.

Météo judiciaire : l’éclaircie

Une semaine après avoir obtenu une décision favorable dans son conflit avec la commission des marchés britannique (CMA, Competition and Market Authority), la compagnie transmanche française a vu le jugement confirmé, le vendredi 22 mai. La procédure devant la cour d’appel britannique est définitivement terminée.

Mais la Competition and Market Authority n’a pas rendu les armes. Très pugnace sur le cas MyFerryLink, l’autorité a annoncé à l’AFP qu’elle envisageait de porter l’affaire, en dernier recours, devant la cour suprême britannique. La CMA fonde ses espoirs sur le fait que l’annulation en appel a été décidée après un vote des juges à deux contre un, et que, par conséquent, l’un des juges a bien « soutenu » son analyse.

Météo de l’entreprise : La visibilité s’améliore

L’éventualité d’une fermeture du port de Douvres aux navires de MyFerryLink faisait planer de lourds nuages sur les perspectives de réservation pendant la période estivale. La cour d’appel redonne les coudées franches à la compagnie, qui espère poursuivre la forte progression observée depuis son lancement en 2012. Au premier trimestre 2015, elle annonçait une nouvelle progression de 37 % du chiffre d’affaires en un an, avec une part de marché dans le transport trans-Manche établie désormais à 12 % (contre 10 % en 2014).

Météo des actionnaires : le brouillard.

Un conflit s’est déclaré en avril entre les dirigeants salariés de MyFerryLink et ceux de la coopérative SeaFrance, qui gouverne la compagnie. Les deux parties s’opposent sur le devenir de MyFerryLink après le retrait programmé d’Eurotunnel.

Car le groupe Eurotunnel, propriétaire des navires et de la structure de vente, a annoncé en janvier son intention de vendre ses actifs. La direction de la coopérative en appelle aux collectivités pour bâtir une société d’économie mixte mélangeant service public et fonds privés. Les dirigeants de MyFerrylink, eux, plaident pour une reprise 100 % privée.

Fin avril, Jacques Gounon, le patron d’Eurotunnel, a de toute façon demandé aux candidats à la reprise de revoir leur copie.