Nord: Le mur anti-gens du voyage fait réagir le défenseur des droits

POLÉMIQUE Jacques Toubon et son homologue belge ont demandé l'arrêt immédiat du projet de mur à la frontière...

Olivier Aballain

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Frontière belge dans le nord de la France
Frontière belge dans le nord de la France — M. Libert

Le projet tourne à l’affaire d’État. A Wattrelos, l’installation d’un mur de 2,4m de haut, pour masquer une aire d’accueil des gens du voyage vis-à-vis de la frontière belge, est dénoncée depuis plusieurs jours par la presse belge.

La polémique a franchi un nouveau stade mardi, puisque selon l’AFP le défenseur des Droits, Jacques Toubon, s’est associé à son homologue belge pour réclamer l’abandon d’un projet « illégal et contraire à la dignité humaine ».

Plus personne n’assume vraiment

Avec Jozef De Witte, le directeur du Centre interfédéral pour l’égalité des chances en Belgique, Jaques Toubon réclame maintenant un « encadrement adéquat » du projet d’aire accueil.

Retrouvez notre reportage à Wattrelos par ici

La nouvelle aire, qui doit permettre de loger 24 caravanes à partir de juillet, est placée à quelques mètres de la frontière franco-belge. L’édification du mur est censée répondre aux réticences de certains riverains sur cette installation.

Le projet d’aire pour les gens du voyage à Wattrelos. - M.Libert et Google Maps

 

Mais aujourd’hui, plus personne n’assume vraiment. Côté français, le maire de Wattrelos, Dominique Baert (PS), assure avoir prévu le mur à la demande de ses voisins belges. Lundi, il espérait encore calmer le jeu : « Toutes ces structures sont délimitées par une enceinte, que ce soit un mur ou une clôture. Je ne vois pas où est le problème ».

Volte-face chez les Belges

Côté belge, le bourgmestre de la ville belge de Mouscron défendait jusqu’à ce week-end un dispositif « plus sécurisant » qu’une simple clôture, et semblait soutenir la construction d’un mur en béton. Mais depuis, il a fait volte-face en déclarant, sur la chaîne de télé belge RTBF, qu’il n’avait « rien demandé » et « à la limite » qu’il « préférerait une haie à un mur ».

Selon le 1er adjoint de Wattrelos, cité par La Voix du Nord, le sujet est même remonté jusqu’à la Cour européenne des Droits de l’Homme. L’affaire finit de prendre un tour ubuesque quand on apprend qu’un responsable de la communauté des Gens du voyage, Porado Demestr, a assuré à l’AFP que ceux-ci n’étaient, eux, « pas opposés au mur ».