Lille: Le Palais des Beaux-arts expose une cheminée russe du XIXe siècle

CULTURE Oubliée depuis 47 ans dans les réserves, l’œuvre est désormais exposée dans une salle du musée…

Mikaël Libert
La cheminée russe de la légende de Volga et Mikoula, de  Mikhaïl Vroubel.
La cheminée russe de la légende de Volga et Mikoula, de Mikhaïl Vroubel. — PBA

C’est une œuvre pas banale. Depuis lundi, les visiteurs du Palais des Beaux-Arts peuvent admirer les céramiques superbement restaurées de la cheminée russe de la légende de Volga et Mikoula, de l’artiste Mikhaïl Vroubel (1856-1910).

Elle s’était un peu perdue dans les cartons. Depuis 1968, le monumental manteau de cheminée, réalisé dans les ateliers de céramique de la ville d’Abramtsevo, au nord de Moscou, prenait la poussière dans les réserves du musée lillois.

De la Russie à Lille

Son cheminement, depuis la Russie jusqu’à Lille, est un peu flou. On sait que, digne représentante de l’Art nouveau, cette cheminée avait été présentée dans le pavillon russe lors de l’Exposition universelle de Paris, en 1900. A cette occasion, l’œuvre avait d’ailleurs remporté une médaille d’or. Ensuite, les historiens supposent que la cheminée a été acquise par la Manufacture de Sèvres, puis déposée à Lille en même temps que d’autres pièces de céramique.

Ode au monde paysan

Emblématique de l’art russe du tournant du XXe siècle, l’exemplaire lillois fait partie d’une mini-série de cinq pièces. L’artiste Vroubel y a représenté la légende populaire traditionnelle russe de Volga, le guerrier, et de Mikoula, le laboureur. Cette légende raconte l’affrontement de ces deux personnages et la victoire, grâce à se force surhumaine, du paysan Mikoula.

Cette œuvre a été « retrouvée » en 2011, démontée dans une grosse caisse en bois. Après quelques recherches, les deux restauratrices, Marie Emile et Marie Petit, s’attaquent au « gros œuvre » : vérifier l’état des 154 morceaux et les nettoyer en profondeur. Il ne restait plus ensuite qu’à remonter le précieux « puzzle ». Un puzzle pour lequel il aura tout de même fallu quatre ans pour assembler toutes les pièces.