Lille: Une nouvelle ligne ferroviaire verra-t-elle le jour ?

TRANSPORTS Les Verts jugent trop coûteux et inutile le projet de construction d'un réseau express Grand Lille, dont le débat public se tient jusqu'au 22 juillet...

Gilles Durand

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La carte du tracé du Réseau Express Grand Lille.
La carte du tracé du Réseau Express Grand Lille. — G. DUrand / 20 Minutes

Il a déjà été baptisé Réseau Express Grand Lille (REGL), mais sa naissance risque d’être compliquée. Le groupe EELV a présenté, ce lundi, un contre-projet à la construction d’une nouvelle ligne ferroviaire longeant notamment l’A1 entre Lille et Hénin-Beaumont. Alors qu’un débat public est ouvert sur le sujet jusqu’au 22 juillet 2015, 20 Minutes fait le point sur les différents points de blocage.

Quid du financement ? Le projet est évalué à 2,11 milliards d’euros. En 2010, il était estimé à 720 millions. En 2013, il a été réévalué à 1,25 milliard. «Ce projet risque d’absorber toutes les subventions dédiées aux transports alors que d’autres secteurs en ont besoin», dénonce Sandrine Rousseau, candidate (EELV) aux prochaines élections régionales. Et puis, où trouver l'argent?

Un serpent de mer ? L’idée de construire une ligne ferroviaire reliant Hénin-Beaumont à Lille date d’octobre 2010. A l’époque, déjà, cette infrastructure ne faisait pas l’unanimité au sein de l’exécutif régional. En mars 2014, la commission nationale du débat public rejetait la saisine du conseil régional sur ce dossier. Cette année, le débat public a enfin pu être ouvert en avril. Une réunion publique est prévue mardi, de 19h à 22h, à l’Atria d’Arras. A Lille, la réunion publique est prévue le 9 juillet. Le projet ne sera pas officialisé avant novembre. Et en décembre auront lieu les élections régionales. Ce projet survivra-t-il à une alternance politique?

Quel tracé ? Depuis cinq ans, le tracé a évolué. Aujourd’hui, il est question d’une ligne qui irait de Vitry-en-Artois, entre Arras et Douai, jusqu’à Courtrai, en traversant Lille par le sous-sol. D’autres aménagements ne sont pas exclus, notamment une nouvelle gare dans la zone de l’Union, entre Roubaix et Tourcoing. L’enjeu est de réduire le flux de véhicules qui entrent et sortent de la métropole lilloise.

Quelles alternatives ? Pour EELV, priorité doit être donné au renforcement des équipements existants. «Plusieurs pistes sont envisagées et ça coûterait beaucoup moins cher», souligne Marielle Cuvelier, conseillère régionale (EELV), élue à la commission Transports. Parmi ces pistes, l’utilisation des gares périphériques comme Pont-de-Bois à Villeneuve d’Ascq ou la Porte des Postes à Lille en créant de nouvelles liaisons TER qui ne passeraient pas forcément par le centre de Lille. Ou le développement du covoiturage. «Sur l’A1, le taux de remplissage des voitures est de 1,1 passager. Si on parvient à passer à 1,5 passager par voiture, on supprimerait 300.000 véhicules par jour sur l'A1 et les problèmes d'embouteillage pourraient être résolus», pronostique Sandrine Rousseau.