Roubaix: La recette de la Piscine pour être au top

PALMARES Le musée arrive en tête du classement du Journal des Arts dans les villes moyennes...

Mikael Libert

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Le musée de la Piscine, à Roubaix.
Le musée de la Piscine, à Roubaix. — M.Libert/20 Minutes

En tête de peloton. Le 12e palmarès des musées du Journal des Arts vient de sortir et consacre, une fois de plus, La Piscine comme le meilleur musée français dans les villes de 20.000 à 200.000 habitants.

Lors du précédent classement, le site roubaisien s'était fait voler la vedette par les musées d'Angers (Maine-et-Loire). Cette fois-ci, les choses sont rentrées dans l'ordre, pour la plus grande joie de Bruno Gaudichon, le conservateur de La Piscine. «Ça fait toujours plaisir de figurer en tête d'un palmarès comme celui-ci, se réjouit-il. Même si le succès du musée, classement ou non, est resté évident malgré les années qui passent.»

«Succès miraculeux»

Aujourd'hui encore, le conservateur considère comme «miraculeux» l'engouement du public pour le site roubaisien. Les chiffres de fréquentation de l'année dernière, environ 203.000 visiteurs, viennent appuyer la réussite de cette belle aventure culturelle. «L'écrasante majorité des visiteurs habite d'ailleurs la région», souligne Bruno Gaudichon.

Pour le conservateur, cette première place vient aussi remettre quelques pendules à l'heure: «C'est une réponse sans ambiguïtés à tous ces reportages qui stigmatisent Roubaix. On comprend que dans cette ville, il n'y a pas que des problèmes.» Le fait d'être reconnu par ses pairs sur des critères objectifs et scientifiques vient aussi clouer le bec aux détracteurs du lieu: «Certains disent que notre succès est essentiellement dû au magnifique bâtiment qui nous abrite, rappelle Bruno Gaudichon. Le Journal des Arts démontre bien qu'il n'y a pas que ça».

Les clés de la réussite

La Piscine n'a pas de «recette miracle». «La beauté du bâtiment est incontestablement un énorme atout: on se souvient forcément du musée, explique Bruno Gaudichon. L'édifice est ancré dans le passé industriel de la ville, les gens y sont attachés.» Au-delà de son physique avantageux, la Piscine attire aussi pour «la façon d'être et la façon de faire» de son personnel. «Nous avons beaucoup de retours de visiteurs pour nous remercier de la qualité de l'accueil», glisse le conservateur. Le dernier point, en non des moindres: le travail artistique. «Il y a les gros événements comme les expositions Camille Claudel et Chagall. Néanmoins, tous les éléments de notre programmation parviennent à rencontrer leur public», se félicite Bruno Gaudichon.

Fin 2015, le musée roubaisien devrait entrer dans une phase de travaux qui pourrait durer deux ans et demi. A la clé, notamment, la construction d'une nouvelle aile et le réagencement de certains espaces. A la mairie de Roubaix, on compte bien se servir de cette première place au classement des musées pour appuyer le dossier de financement (8 millions d'euros au total) auprès de l'Etat et de Lille Métropole.