Ligue 1: Lens aura bu le calice jusqu'à la lie dans une saison cauchemardesque

FOOTBALL Battus dimanche dans le derby du Nord (3-1), les Sang et Or, relégués en Ligue 2, n'ont pas réussi à sauver leur honneur...

Francois Launay

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Le Lensois Coulibaly à la lutte avec le Lillois Balmont   AFP PHOTO / DENIS CHARLET
Le Lensois Coulibaly à la lutte avec le Lillois Balmont AFP PHOTO / DENIS CHARLET — AFP

Comme un symbole, l'ultime coup de poignard de la saison lensoise aura été reçu à Lille, le voisin honni. Battus dimanche dans le derby du Nord  (3-1), les Sang et Or, officiellement relégués en Ligue 2, n'auront même pas réussi à sauver la face. «C’est le résultat d’une saison galère de bout en  bout. Il ne faut pas avoir peur de le dire. Quand on est monté en Ligue 1 à Bastia en fin de saison dernière, on ne savait pas que ça allait se passer comme ça», regrette Jérôme Le Moigne, le capitaine lensois. Il y a un an, quasiment jour pour jour, le RC Lens célébrait son retour dans l'élite avec de nombreux espoirs complètement évaporés depuis. 

L'argent n'est jamais arrivé

L'argent apporté par Hafiz Mammadov, l'actionnaire majoritaire du club, allait permettre au Racing de nourrir de grosses ambitions. La preuve, le club n'avait pas hésité à budgéter la dixième place malgré son statut de promu. Las, c'est l'inverse qui s'est passé. Devenu persona non grata dans son pays, Mammadov, qui avait apporté 24 millions d'euros à son arrivée en 2013, n'a jamais pu verser l'argent promis pour la Ligue 1 (14 millions d'euros). Et le club, sauvé de justesse par le CNOSF, a longtemps cru ne jamais débuter la saison dans l'élite. «En début de saison, on n'était pas sûr de jouer en Ligue 1.. Dépôt de bilan, pas dépôt de bilan, ça a créé le doute. On n’est pas parti avec les mêmes moyens que les autres», reconnaît le défenseur lensois Loick Landre. 

Une troisième relégation en sept ans

Finalement le Racing a pu jouer en Ligue 1 mais sans pouvoir recruter. Après une bonne première partie de saison (16e à la trêve avec 19 points), le Racing et ses jeunes inexpérimentés se sont écroulés depuis le début d'année 2015 en ne gagnant qu'un seul de leurs seize matchs de Ligue 1. «Un peu de fraîcheur nous aurait fait du bien au mercato tant en quantité qu’en qualité. Il y avait trop de manques pour postuler au maintien», avoue Le Moigne. Rapidement, la troisième relégation du club en sept ans (2008, 2011 et 2015) est devenue inéluctable. 

«On a tellement vécu de choses cette saison qu’on ne se prend plus la tête sinon on ressort avec des cheveux blancs», ironise Loïck Landre

La différence de taille est que cette fois-ci, le Racing n'est pas sûr de pouvoir rester en Ligue 2 en raison de ses problèmes économiques. «Tout le monde est inquiet pour l’avenir. On ne sait pas comment ça va se passer. Mais bon, on a tellement vécu de choses cette saison qu’on ne se prend plus la tête sinon on ressort avec des cheveux blancs», ironise Loïck Landre.

L'avenir du club se jouera le 26 mai

Pour lui comme beaucoup d'autres joueurs, l'avenir devrait se jouer ailleurs qu'à Lens. De son côté, le Racing jouera une partie de son avenir le 26 mai prochain. Convoqué devant la DNCG, gendarme financier du foot français, le club devra prouver qu'il a bien les moyens financiers pour jouer en Ligue 2 la saison prochaine. Gervais Martel, le président lensois, assure qu'il n'est pas inquiet...comme depuis le début de saison. Le feuilleton n'est pas terminé mais les épisodes précédents n'incitent pas à l'optimisme.