L'emploi au coeur de la 1re circonscription

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Les anciens et les modernes. La campagne des élections législatives dans la 1re circonscription du Nord reproduit un grand classique du théâtre politique. Le député sortant, Bernard Roman (PS, 54 ans), paraît indéboulonnable par son expérience - il a présidé la prestigieuse Commission des lois de l'Assemblée lors de son premier mandat de député de 2000 à 2002 - et son implantation sur ce territoire, qui englobe Lille-Sud, Faches-Thumesnil, Faubourg-de-Béthune, Bois-Blancs, Moulins ou encore Wazemmes. Une impression confirmée par le score de Ségolène Royal dans la circonscription au second tour de l'élection présidentielle, où la candidate socialiste a fait son plus gros score nordiste avec 57,4 % des voix.

Mais depuis 2002, l'électorat a changé. La préoccupation sécuritaire, majeure à l'époque, a disparu des priorités des habitants. Aujourd'hui, Bernard Roman cite en première préoccupation « un taux de chômage qui avoisine les 30 % dans certains quartiers ». Pour autant, Nicolas Lebas, candidat (UDF-MD) pour la première fois, estime que l'attente des citoyens a évolué. « Ce n'est plus une main tendue pour quémander un emploi ou un logement. Martine Aubry a su rompre avec ce clientélisme socialiste. Ils attendent une écoute et des propositions pour leur permettre de se débrouiller seuls, notamment en créant leur entreprise. »

Mais l'autre préoccupation majeure porte sur le logement. « Il faut aller beaucoup plus loin que les dispositifs de rénovation actuels, notamment pour ne pas exclure les pauvres des centres urbains », estime Philippe Bernard, candidat FN. « Aujourd'hui, les jeunes ménages n'ont pas les moyens de se loger », explique de même Nicole Baudrin, la candidate LCR. La circonscription, qui profite des crédits de la rénovation urbaine, a encore du chemin à faire en la matière.

« En 2002, de nombreux jeunes de ces quartiers profitaient des emplois-jeunes, mais aujourd'hui on ne leur propose plus rien. Et pourtant ils veulent se battre. » « L'accompagnement que nous proposons aux familles demande beaucoup de moyens mais il crée vraiment du lien social. Il faut que nous puissions continuer en ce sens. » « Tous les gens que je vois passer dans ma boutique de photocopies cherchent un travail. Et rares sont ceux pour qui la situation s'est améliorée en cinq ans. »