Pas-de-Calais: Un surveillant de collège mis en examen et écroué pour des viols sur mineures

JUSTICE Déféré au tribunal de Béthune, ce jeudi, le suspect a été mis en examen et placé en détention provisoire...

Mikael Libert

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Le procureur de la République de Béthune, Philippe Peyroux
Le procureur de la République de Béthune, Philippe Peyroux — M.Libert / 20 Minutes

Mardi, un ancien surveillant du collège Paul-Duez, à Leforest, près de Lens, a été placé en garde à vue. Ce jeudi, l'homme, âgé de 24 ans, a été déféré devant un magistrat du tribunal de Béthune avant sa mise en examen pour, notamment, des viols sur mineurs de 15 ans.

A l'issue de son audition devant le juge chargé d'instruire le dossier, le mis en cause a été mis en examen, notamment pour viol sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité. L'ancien surveillant a ensuite été placé sous mandat de dépôt et écroué par le juge des libertés, qui a suivi les réquisitions du Parquet.

Une maman inquiète

L'enquête de police qui a permis l'arrestation du jeune homme a été ouverte début janvier. Elle émane des inquiétudes d'une femme qui s'inquiétait de voir sa fille, élève dans ce collège, passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux. L'adolescente, mineure, avait avoué à sa mère qu'elle dialoguait avec un jeune surveillant de Paul-Duez, notamment via SnapChat. Leurs échanges avaient parfois un caractère sexuel. Tout de suite, la mère avait alerté les autorités scolaires et l'académie de Lille avait saisi le parquet de Béthune.

Dans leurs investigations, les policiers ont découvert au moins neuf victimes âgées de 12 à 15 ans à mettre au compte du surveillant entre octobre 2014 et janvier 2015. Pour deux d’entre elles, la qualification de viol sur mineur de 15 ans a été retenue, même s’«il n'y a pas eu de relation complète», précise le procureur de Béthune, Philippe Peyroux.

Photos dénudées

L'enquête a aussi permis de montrer que le surveillant était en contact avec plusieurs jeunes filles, toutes élèves du même collège, via certains réseaux sociaux. Il demandait à celles-ci de lui envoyer des photos d'elles dénudées, «et se mettait lui-même parfois nu devant sa caméra», poursuit le procureur. Ces contacts électroniques étaient parfois suivis de rencontres, mais jamais au sein du collège. «Parfois il allait au domicile de l'adolescente quand les parents n'étaient pas là», a dit encore le magistrat.

Lors de sa garde à vue, le mis en cause a reconnu les faits. «A notre connaissance, il n'a jamais fait usage de menace ni de violence, déclare Philippe Peyroux. Il était plutôt dans la séduction, ce qui explique peut-être que certaines victimes étaient un peu réservées pour évoquer les faits». Le prévenu était inconnu des services de police et les investigations ont montré qu'il ne stockait aucune image de ses victimes et qu'il ne fréquentait aucun site pédopornographique.

Le parquet a demandé le placement de l'ancien surveillant sous mandat de dépôt. Un juge d'instruction a été désigné pour mener l'enquête. Le prévenu, habitant Leforest, doit être mis en examen avant la fin de la journée pour viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité, atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne abusant de l'autorité de sa fonction. D'autres infractions liées à l'utilisation des réseaux sociaux seront aussi retenues: corruption de mineurs, propositions sexuelles faites à un mineur de 15 ans, proposition sexuelle faite à un mineur suivie de rencontre et diffusion de message pornographique accessible à un mineur. Les peines cumulées pour toutes ces infractions représentent un total de 47 années de prison.