Nord: Six mois avec sursis pour le prof accusé d'extorsion

JUSTICE La peine infligée en première instance a été confirmée, mardi, par la cour d'appel de Douai...

Mikael Libert

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Illustration justice.
Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

Mardi, un enseignant qui avait exigé 7.500 euros d'indemnité aux parents d'un lycéen lui ayant lancé une boule de papier d'aluminium, a vu sa peine de six mois de prison avec sursis confirmée par la cour d'appel de Douai.

Le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe l'avait, en première instance, désigné coupable d'extorsion par contrainte, au préjudice des parents de l'élève, et avait relaxé sa compagne. Celle-ci a finalement écopé, en appel, d'un mois avec sursis pour complicité.

Plus de 8.000 euros d'indemnités

Par ailleurs, les deux ans d'interdiction d'exercer, pour l'enseignant quinquagénaire, ont aussi été confirmés par le tribunal. Sa compagne et lui devront, chacun, verser aux parents du lycéen 2.100 euros d'indemnités au titre du préjudice matériel et 2.000 euros au titre du préjudice moral.

Mardi, l'avocat de l'enseignant, maître Frank Berton, n'était pas joignable pour commenter cette décision. Après le jugement en première instance, il avait estimé auprès de l'AFP que la décision du tribunal relevait «de la morale et pas du droit».

«On nous mettait en cause et on nous accusait de mensonge. La défense (du prévenu) était de dire que l'enseignant n'était coupable de rien et que c'était nous qui l'avions corrompu, mais ça fait deux fois que la justice dit exactement le contraire», s'est félicité, de son côté, maître Emmanuel Riglaire, avocat des parents du lycéen.

Les parents «avaient un tel respect pour cet enseignant qu'ils étaient prêts à accepter tout ce qu'il disait pour leur fils», a-t-il ajouté. «L'enseignant a abusé de la faiblesse de cette famille», aux revenus modestes, dont le père est concierge dans un collège.

La somme de 7.500 euros, réclamée en juin 2012 par l'enseignant aux parents d'un élève de terminale d'un lycée professionnel d'Aulnoye-Aymeries, six mois après l'incident, «apparaît complètement disproportionnée» par rapport au préjudice subi par M. Miller - qui avait fait l'objet d'une incapacité totale de travail de trois jours suite à l'incident -, avait considéré le tribunal d'Avesnes-sur-Helpe lors de son jugement en juillet 2013.

Les parents de l'élève, comme l'enseignant, avaient reconnu avoir signé une convention d'indemnisation officialisant le versement, au rythme de 300 euros par mois. En contrepartie, l'enseignant renonçait à toute poursuite contre la famille.