Lille: Le Gastama, premier «bar sans relou» de France

VIE NOCTURNE L'association Stop Harcèlement de rue vient de délivrer son premier label «bar sans relou» au Gastama, à Lille...

Gilles Durand

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Le gastama, bar hostel situé rue de saint-André, à Lille.
Le gastama, bar hostel situé rue de saint-André, à Lille. — Gastama

Dehors, les «relous»! Depuis vendredi, le bar du Vieux-Lille, le Gastama, est estampillé sans client lourdingue. Le logo, à l'entrée, est clair: ceux qui font des réflexions racistes, homophobes, sexistes ou qui se permettent des gestes déplacés, notamment envers les filles, n'y sont pas les bienvenus. Il s'agit du premier bar français à obtenir ce label.

 

Situations classiques de harcèlement

«Six bars lillois nous avaient demandé l'obtention de ce label, seul le Gastama a passé les tests avec succès», souligne Lucas Bolivard, fondateur de Stop Harcèlement de rue, à Lille. Cette association milite pour faire évoluer les mentalités. Pendant trois mois, les bars candidats sont ainsi soumis à des situations classiques de harcèlement. Les membres de l'association jugent les réactions des serveurs ou du patron. 

Une réflexion homophobe

«Dans un des bars, l'expérience a été très courte: un serveur a fait une réflexion homophobe», raconte Lucas Bolivard. En général, ce militant a été surpris du manque de réaction devant des comportements irrespectueux. Au Gastama, la mise en scène d'une main aux fesses a entraîné l'expulsion immédiate du complice, manu militari.

«La vitrine lilloise sur le monde»

«Nous sommes rarement confrontés à ce genre de situations extrêmes, mais quand c'est le cas, on réagit. Un jour, on a dû virer un mec qui sifflait la serveuse», se souvient Erwan Provost, l'un des gérants du Gastama. Inauguré en novembre 2012, ce bar fait aussi hôtellerie, style auberge de jeunesse. «Dans la mesure où nous accueillons beaucoup d'étrangers, nous sommes un peu la vitrine lilloise sur le monde. C'est bien que les filles gardent une bonne image», témoigne Erwan Provost.

Dans les mois à venir, d'autres bars pourraient rejoindre le Gastama. «Nous avons encore deux demandes en attente. Il faut qu'on teste», note Lucas Bolivard. De son côté, Erwan Provost «espère lancer une tendance».