Environnement: Et si la pollution de Lille et Strasbourg venait des pays voisins?

ENVIRONNEMENT La ministre de l'Environnement Ségolène Royal veut une analyse des récents phénomènes de pollution ayant touché les villes transfrontalières...

Olivier Aballain

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La pollution aux particules enregistrée le 20 avril
La pollution aux particules enregistrée le 20 avril — Prev'air

L'atmosphère de Lille va être scrutée de près par les services du ministère de l'Environnement. Ségolène Royal a annoncé dimanche qu'elle comptait analyser les récents phénomènes de pollution ayant touché les villes transfrontalières comme Strasbourg et Lille. En cause: la pollution «importée», c’est-à-dire, pour Lille, provenant de sources situées de l'autre côté de la Manche ou de la frontière belge.

De fait, l'organisme Atmo Nord-Pas-de-Calais cite effectivement les flux «de Nord-Est» parmi les sources de polluants, dans la quasi-totalité de ses bulletins sur la pollution aux particules. Normal: le Nord-Pas-de-Calais constitue, avec la Belgique et les Pays-Bas, une zone d'habitation et d'activité économique particulièrement dense, propice à l'émission de particules.

Les scientifiques déjà mobilisés

En regardant d'un peu plus près les concentrations relevées de part et d'autre de la frontière belge, l'Europe de la pollution apparaît clairement. C'est ce que montre la carte de l'événement aigu de pollution intervenu le 20 mars, en conclusion d'une semaine très «chargée» en particules.

Concentrations en particules PM10 dans le Nord de la France et en Belgique - Prev'air

Qui pollue, qui subit? Les scientifiques se sont déjà saisis de la question, à l'instar du Laboratoire de Spectrochimie Infrarouge et Raman (Lasir) de l'université de Lille. «Les sources des pollutions enregistrées à Lille et sa région ne sont qu’en partie d’origine locale», estime déjà le laboratoire. Un projet de recherche, regroupant sept laboratoires régionaux, est également mené pour tenter d'identifier le trajet longue distance des aérosols dans l'atmosphère.

«Import et export»

De son côté, l'organisme Prév'air, qui dépend de l'Ineris (Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques), a déjà produit une analyse très claire des pollutions intervenues en mars: «Il n’y a pas d’ambiguïté sur le caractère transfrontalier de ces phénomènes d’import et d’export de pollution et il apparaît indispensable que la gestion de tels épisodes intègre la coopération régionale ou internationale.»

On parle bien d'import et d'export: se pencher sur les flux de pollution n'empêchera pas de travailler sur les sources locales.