Calais: Les voisins de Chloé «n'arrivent pas à y croire»

REPORTAGE Chloé, une fillette de 9 ans, a été retrouvée morte peu après son enlèvement dans l'après-midi à Calais...

Mikaël Libert
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Des femmes déposent des bouquets en hommage à la petite Chloé, sur les lieux de sa disparition, à Calais, le 16 avril 2015.
Des femmes déposent des bouquets en hommage à la petite Chloé, sur les lieux de sa disparition, à Calais, le 16 avril 2015. — AFP

Jeudi, quelques heures après la découverte du corps de la petite Chloé, à Calais, les habitants du quartier où elle résidait n'arrivent toujours pas à réaliser. Les sentiments sont partagés, entre tristesse, colère et incompréhension.

VIDEO. Meurtre de Chloé à Calais: Le suspect a reconnu avoir violé et tué la fillette

De nombreuses fleurs et peluches ont été déposées sur les jeux où la fillette s'amusait souvent avec ses copines. Dans le parc au milieu des immeubles, il règne habituellement une joyeuse ambiance. Les enfants y jouent avant de retourner à l'école. Ce jeudi midi, il n'y a pas un bambin à l'horizon.

«Je ne sors plus, j'ai peur»

Catherine est allée chercher sa fille Barbara, 11 ans, à la sortie de l'école Châteaubriant. La même que fréquentait Chloé. «C'était une copine à moi, glisse la fillette. Depuis hier, je ne sors plus, j'ai peur». Catherine a du mal à cacher son émotion. «Je n'ai pas dormi de la nuit, soupire-t-elle. J'imaginais la scène vécue par Chloé, des images se bousculaient dans ma tête.»

Sur le porche de leur maison, Reynald et Cindy fument une cigarette, l'œil rivé sur leurs deux enfants. «Je n'arrive toujours pas à y croire, ça aurait pu être le mien de gosse», sanglotte Cindy. Le couple connaissait bien Chloé et sa maman, Isabelle. «Tout le monde s'entend bien dans le quartier. Tous les enfants jouent ensemble, il n'y a jamais de problème», racontent encore Cindy et Reynald. Tous deux s'en veulent. Mercredi, ils étaient partis profiter du soleil à la plage. «Si nous avions été là, ça ne serait peut-être pas arrivé», lâche Reynald avant de fondre en larmes.

«Il ne mérite pas de vivre»

Très vite, la colère prend le pas sur la tristesse. «Pour moi, il a prémédité son geste, explique Cindy. On a la rage, il ne mérite pas de vivre.» Steccy, 16 ans, a assisté à l'enlèvement de Chloé. «Elle ne criait pas, personne ne bougeait donc je ne me suis pas inquiété, concède-t-il. Maintenant, je m'en veux. Ils devraient laisser la justice calaisienne s'occuper du cas de ce type.» Catherine ne comprend pas que le suspect soit dehors: «On ne devrait pas laisser sortir des gens comme ça».

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Natacha Bouchart, la maire UMP de Calais, partage aussi les interrogations des habitants du quartier. Jeudi, lors d'une conférence de presse, l'élu posait la question: «Comment un étranger déjà condamné pouvait-il circuler librement dans les rues de Calais?». La maire a aussi pointé du doigt des «dysfonctionnements dans le suivi des récidivistes».