Lille: Une soirée pour les femmes «mutées» contre le cancer du sein

SANTÉ Une soirée de lutte contre le cancer du sein est organisée jeudi, à la brasserie Le Flore à Lille...

Olivier Aballain

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Affiche de la soirée Pink Party
Affiche de la soirée Pink Party — Copie Pink Party

Elles s'appellent elles-mêmes femmes «mutées» ou «mutantes». Elles, ce sont les porteuses de la mutation génétique BRCA, qui prédispose au cancer du sein ou des ovaires.

Plus de 80% de ces femmes développeront au moins un cancer pendant leur vie. Dans la région, elles sont environ 5.000 (lire l'encadré). Une soirée leur est consacrée jeudi à 19h, à la brasserie Le Flore, à Lille (entrée: 10 euros). Au programme: rencontres, informations médicales (dépistage, prise en charge...), esthétiques, etc.

Stéphanie fait partie de ces «mutées». La jeune trentenaire nordiste s'est fait enlever ses deux seins, préventivement. «J'ai perdu ma mère, puis une sœur, à 32 ans. Et j'ai une autre sœur qui suit sa première chimiothérapie. La décision s'imposait, pour moi.»

L'ablation ou le suivi annuel

Pour le Dr Sophie Lejeune, onco-généticienne à l'hôpital Jeanne-de-Flandres, à Lille, l'ablation constitue l'une des deux stratégies efficaces pour faire face à la présence du BRCA. «L'autre solution, c'est un suivi tous les ans par IRM, avec un taux de réussite de 90%», explique-t-elle. En cas d'ablation, la probabilité de cancer du sein est réduite de 98 à 99% selon la généticienne.

Mais l'ablation, et la reconstruction qui suit, sont souvent lourdes à porter. «Certaines femmes doivent affronter une incompréhension dans le milieu familial, qui ne comprend pas forcément l'opération préventive, témoigne Clélia Boucout, organisatrice de la «Pink party» de jeudi. Certaines choisissent même de se cacher.»

Rencontre avec Laetitia Mendes

Au moins une centaine de femmes sont attendues jeudi soir. Elles pourront rencontrer Laetitia Mendès, auteure de Mon petit gène, ma seconde chance (Anne Carrière Editions). Comme Stéphanie, comme Angelina Jolie, Laetitia Mendès s'est fait enlever les seins après avoir appris qu'elle était elle aussi porteuse du fameux BRCA.

Outre ce témoignage, les femmes trouveront sur place les conseils d'une sophrologue, d'un gynécologue, d'une socio-esthéticienne, des représentants de la boutique Cœur des femmes à La Madeleine, qui répond aux besoins des femmes opérées, etc..

Qui est concerné ?

Selon le Dr Sophie Lejeune, onco-généticienne à l'hôpital Jeanne-de-Flandres, les mutations BRCA concernent «entre une femme sur 300 et une sur 500». Les hommes aussi peuvent porter ce gène dominant, qui a une chance sur deux de se transmettre en cas de descendance. Le dépistage est pris en charge. Il est recommandé si l'histoire familiale répertorie au moins trois cas de cancer du sein ou des ovaires, surtout s'ils se sont déclarés chez des personnes jeunes.