Nord: Pourquoi les passages à niveau sont un classique du Paris-Roubaix

CYLCISME En Nord-Pas-de-Calais, la densité élevée des réseaux routiers et ferroviaires accroît les risques d'accident...

Olivier Aballain

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Un TGV coupe le peloton du Paris-Roubaix en deux, le 12 avril 2015.
Un TGV coupe le peloton du Paris-Roubaix en deux, le 12 avril 2015. — DR

La SNCF connaît bien le Paris-Roubaix. Après un épisode similaire en 2006, les images de ces coureurs qui franchissent un passage à niveau sous le nez d'un TGV ont marqué l'édition 2015 de la course cycliste.

La SNCF a d'ailleurs annoncé qu'elle portait plainte contre X suite à cette infraction «caractérisée» au code de la route.

Mais la filiale «Réseau» du transporteur refuse pour le moment, de mettre en cause l'organisateur ASO. «Ce n'est pas notre rôle de déterminer les responsabilités, c'est l'enquête qui le fera», rappelle la direction de SNCF Réseau.

Le mauvais exemple devant des millions de téléspectateurs

Pour autant, l'entreprise s'inquiète de l'exemple «regrettable» que constituent ces images pour les usagers de la route, et les cyclistes en particulier: «Que vont faire dorénavant les jeunes cyclistes amateurs engagés sur une course lorsqu'une barrière se baissera?»

D'autant que les chiffres sont parlants: pour la seule année 2014, 29 personnes ont trouvé la mort sur un passage à niveau, dont sept dans la seule région Nord-Pas-de-Calais. «Ce sont des chiffres élevés, concède la SNCF. Mais ils s'expliquent notamment par l'importante densité des réseaux ferroviaire et routier dans la région, et par le trafic élevé [qu'ils supportent]». Dimanche, la route du Paris-Roubaix a croisé ainsi neuf fois la voie ferrée...

Faut-il alors mieux sécuriser le réseau nordiste? 

«Ce passage à niveau est situé sur une départementale, c'est une petite route avec peu de trafic», se défend la SNCF, qui doit faire face au coût important de la sécurisation: pour supprimer un passage à niveau, la facture peut atteindre les 30 millions d'euros. Et la mise en double barrière (qui empêcherait le contournement) a, selon le transporteur, des effets pervers: «Lorsque des véhicules sont bloqués sur les voies, ils se trouvent coincés».

C'est pourquoi, en dehors des zones urbaines, les simples barrières sont de mise. En 2008, Réseau ferré de France estimait tout de même qu'il restait «une vingtaine» de passages, sur 1.100, à sécuriser en Nord-Pas-de-Calais.