Lille: Donald fait son nid au musée des Beaux-Arts

CULTURE Le collectif allemand Inter Duck a investi le musée lillois pour la deuxième édition de l'Open Museum...

Mikaël Libert

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L'Open Museum «Donald» au musée des Beaux-Arts de Lille.
L'Open Museum «Donald» au musée des Beaux-Arts de Lille. — M.Libert / 20 Minutes

La saison du canard est ouverte. Vendredi, le palais des Beaux-Arts de Lille inaugurait le deuxième opus de son concept d’Open museum. Les artistes du collectif allemand Inter Duck s’en sont donné à cœur joie pour disséminer partout dans le musée leurs œuvres d’art détournées à base de tête de canard.

«Canard à la perle»

Au sous-sol, parmi les antiques momies égyptiennes, trônent le sarcophage du grand roi Duckamon 1er et le buste de la reine Duckfertiti. A l'étage, intégrés naturellement aux œuvres plus «traditionnelles», un «Autoportrait bleu» aux airs de Picasso et un «Canard à la perle» aux airs de Vermeer. Partout, des becs jaunes. Mais c'est si bien fait que ça ne choque même pas.

Dimanche, malgré le soleil et une température agréable, ils étaient nombreux à avoir délaissé les parcs lillois pour se lancer à la chasse aux canards dans les allées du musée des Beaux-Arts. Et le hasard n'y était pour rien. La plupart des flâneurs étaient bel et bien là pour découvrir le travail d'Inter Duck.

Christelle, Emmanuel et leurs bambins étaient de ceux-là: «C’est drôle. Leur manière d’aborder l’art est différente», explique le papa. «Le côté amusant de la démarche offre une bonne entrée au musée pour les enfants», complète la maman.

Un jeu de l'oie

Et, en effet, ils étaient légion les petits visiteurs à évoluer sagement de salle en salle. D’ailleurs, un jeu de l’oie est distribué à l’entrée pour que les plus jeunes s’amusent à dénicher les canards au milieu des collections. «J’ai adoré», lance Louis qui, à guère plus de 10 ans, a été fasciné par un «Donald déguisé en Napoléon». Son père, Grégory, est aussi enthousiaste: «Les expositions ici sont souvent trop classiques. Ce genre d'initiative peut faire revenir les Lillois dans ce musée qu'ils connaissent par cœur».

Domie, la cinquantaine, est conquise: «Le détournement de la toile de Goya, Les jeunes, est superbe, glisse-t-elle. L'œuvre n'est pas dénaturée, pas infantilisée. C'est de l'art à part entière». En quittant les lieux, cette Lilloise jure qu’elle reviendra, mais avec ses petits-enfants cette fois.