Nord: Imbroglio judiciaire pour un nordiste en Chine

POLÉMIQUE Depuis presque un an, un gravelinois est privé de passeport par les autorités chinoises suite à un accident de la circulation...

Mikaël Libert

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Une photo de l'accident dans les rues de Nankin, en Chine.
Une photo de l'accident dans les rues de Nankin, en Chine. — DR

Sans papiers. Alain Deflesselles, un Gravelinois de 46 ans, s'est expatrié en Chine il y a cinq ans pour y enseigner le français. En mai 2014, ce professeur est victime d'un accident de la route, à Nankin, ville où celui-ci exerce à l'Est du pays. Privé de son passeport par les autorités chinoises, le Nordiste est tombé dans un imbroglio judiciaire. Son procès est fixé au 28 avril.

«J'avais peur pour ma vie»

A l'époque, Alain Defelesselles circulait à moto pour regagner son domicile. «Je roulais tranquillement quand une grosse berline conduite par un chinois m'a coupé la route», se souvient-il. Plus loin, le français retrouve le chauffard. «Je lui ai fait un signe d'incompréhension et il m'a tout de suite insulté», poursuit-il. Selon le gravelinois, l'automobiliste l'insulte et donne des coups de volant pour le faire tomber: «je n'arrive pas à éviter le dernier écart qu'il fait, et je me retrouve par terre», soupire le nordiste. Pris d'un coup de sang, Alain Deflesselles saute sur la voiture et brise le toit ouvrant: «J'avais peur pour ma vie, je voulais qu'il sorte de sa voiture».

Dans les jours qui suivent, la police lui confisque son passeport. Depuis, la procédure traîne. «Je suis passé du statut de victime à celui d'agresseur», se désole l'enseignant. Au dossier, les policiers versent une seule vidéo: celle où l'on voit Alain Deflesselles endommager la voiture. D'autres existent, visiblement. L'automobiliste, lui, a porté plainte. «Il réclame 84.000 yuans (12.500 euros), s'insurge le français. Ça veut dire que j'aurais travaillé un an pour payer ce type».

Pas d'ingérence

Le consulat de France à Shanghai affirme suivre cette affaire de près: «Nous lui apportons conseil et assistance et nous serons présents aux audiences», explique une source consulaire. Rien de plus, la France ne veut pas faire ingérence dans la justice chinoise. Début avril, le maire (PS) de Gravelines, Bertrand Ringot, a écrit au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Sans succès.

En juillet, le contrat de travail de l'enseignant s'arrête. Il se retrouvera alors sans ressources et sans logement. «Pour sortir de cette situation, je suis prêt à payer, glisse l'expatrié. Mais pas autant, je n'ai pas les moyens».