Lille: Le litige entre le lycée musulman Averroès et son ancien prof Soufiane Zitouni sera jugé fin mai 2015

JUSTICE Un professeur du lycée privé musulman de Lille sera jugé pour diffamation et injures non publiques envers son ancien établissement le 29 mai 2015...

Gilles Durand

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Le professeur de philosophie, Soufiane Zitouni, attaqué par son ancien établissement, le lycée Averroès de Lille.
Le professeur de philosophie, Soufiane Zitouni, attaqué par son ancien établissement, le lycée Averroès de Lille. — G. Durand / 20 Minutes

Il risque 38 euros d'amende. Une audience de consignation s'est tenue, ce vendredi, au tribunal de police de Lille, suite à une plainte déposée à l'encontre de Soufiane Zitouni. Ce professeur de philosophie est attaqué par son ancien établissement, le lycée privé musulman Averroès à cause de courriels qu'il a envoyé à quatre de ses collègues. Il y traite l'établissement de «nid de vipères hypocrites».

Des tensions au lycée

Le différend entre Soufiane Zitouni et la direction de son établissement date d'une tribune intitulée «Aujourd'hui, le prophète est aussi Charlie», parue le 14 janvier sur Libération.

«Cette publication a provoqué des tensions au lycée, ce qui m'a amené à démissionner», explique Soufiane Zitouni. Trois semaines plus tard, dans une autre tribune à Libération publiée le 6 février, il s'en prend directement à son établissement en expliquant les raisons de sa démission (qui est en fait un arrêt maladie longue durée).

«Il fallait agir rapidement»

Il accuse les responsables d'Averroès de jouer «double jeu» et de diffuser «de manière sournoise et pernicieuse une conception de l'islam qui n'est autre que l'islamisme et l'idéologie salafiste». Quelques jours plus tard, le premier établissement privé musulman sous contrat avec l'Etat engage une procédure judiciaire par citation directe, mais sur les propos tenus par Soufiane Zitouni dans un courriel, et non sur son article dans la presse.

 

«La réputation du lycée a été salie. Il fallait réagir rapidement, notamment pour les élèves. Une plainte pour diffamation publique aurait été trop longue à aboutir», précise l'avocat du lycée Averroès, Me Hakim Chergui. A noter que l'expression «nid de vipères hypocrites» n'aurait jamais été rendue publique si le lycée n'avait pas attaqué en justice.

Une consignation de 100 euros

D'où cette plainte qui ne pourra aboutir qu'à une simple contravention de 38 euros pour le professeur. Encore faut-il que le tribunal la juge recevable. La courte audience de ce vendredi a permis de fixer à 100 euros la consignation demandée au lycée Averroès. Une garantie habituelle au cas où cette poursuite devait être considérée comme abusive.

Le tribunal de police de Lille a fixé au 29 mai l'audience sur le fond de cette affaire. Si elle est acceptée par la justice.