Lille: Les assistantes sociales scolaires sont en colère

SOCIAL Une trentaine d'assistantes sociales du Nord manifestaient ce jeudi devant le rectorat de Lille pour protester contre leurs conditions de travail...

Gilles Durand

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Lille, le 2 avril 2015 - Manifestation des assistantes sociales de l'Education nationale devant le rectorat de lille.
Lille, le 2 avril 2015 - Manifestation des assistantes sociales de l'Education nationale devant le rectorat de lille. — Gilles Durand / 20 Minutes

Dans l'académie de Lille, ils sont 220 pour s'occuper des élèves du secondaire, des étudiants et du personnel de l'Education nationale. Pour la plupart des femmes. Des assistants sociaux ont exprimé leur ras-le-bol, ce jeudi, à l'occasion d'une grève nationale. Une trentaine d'entre elles se sont retrouvées devant le rectorat de Lille pour protester contre «le manque d'effectif» et pour réclamer de «meilleures conditions de travail».

Renforcement de suivi

Les assistants craignent que le renforcement du suivi des élèves en éducation prioritaire ne se fasse au détriment d'autres élèves. «Les cinq créations de postes attribuées à notre académie suffisent à peine à renforcer l'intervention du service social élèves», explique le Snasen/Unsa.

Souffrance au travail

«Nous n'avons plus les moyens d'exercer correctement notre travail. Certains collègues vont très mal», déplore Dominique Baere, assistante sociale et secrétaire du syndicat Snuas-FP/FSU. Un sondage réalisé par son syndicat laisse apparaître plus de la moitié du personnel «ayant ressenti le besoin de prendre un arrêt de travail en lien avec une fatigue et une souffrance au travail».

L'autre revendication concernait les salaires. «Quelqu'un qui débute, touche 1.200 € par mois et les frais de déplacement ne sont pas remboursés», souligne Dominique Baere. Le rectorat n'a pas souhaité rencontrer les manifestantes. Contacté, il n'a pas non plus, souhaité s'exprimer.

Des problèmes récurrents. En 2007, déjà, les établissements classés en «site violence» avaient obtenu la possibilité d'accueillir deux assistants sociaux au lieu d'un. Cette mesure était expérimentée depuis 1997. «Une assistante sociale sera utile dans ces zones, ne serait-ce que pour prévenir les suicides, concédait à l'époque une syndicaliste. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres.»