La grogne gagne les assistantes sociales

©2007 20 minutes

— 

Il va falloir se les partager. Les assistantes sociales ont mené vendredi un mouvement de protestation contre leur redéploiement à la rentrée. Car pour couvrir les établissements qui n'avaient pas encore d'assistantes sociales, certaines (ou certains) vont devoir se couper en quatre dès la rentrée prochaine. Objectif : « Doter chaque établissement du secondaire et chaque famille d'une assistante sociale de référence », explique Philippe Fatras, directeur de cabinet du recteur. Aucune réduction de poste n'est prévue dans l'académie - il y aura même deux créations dans le Pas-de-Calais à la rentrée -, mais les agents seront répartis sur un nombre supérieur d'établissements. Certains vont donc devoir partager l'assistante qui leur était dédiée. Et d'autres, dotés de deux assistantes au titre du classement en zone violence, devront dire adieu à l'une d'entre elles. « Il est difficile, dans ces conditions, d'avoir un suivi efficace des élèves les plus en difficulté. Les établissements les moins favorisés seront les plus touchés », s'inquiète Malika Lamblin, secrétaire départementale du syndicat SNUAS-FP mais aussi assistante au collège Sévigné à Roubaix.

D'autant que la nouvelle répartition veut aussi rétablir l'équilibre entre les départements : à la rentrée, cinq postes seront transférés du Nord au Pas-de-Calais, quinze en trois ans. « Il y a des territoires, surtout ruraux, très dépourvus », justifie Philippe Fatras. « Une assistante sociale sera utile dans ces zones, ne serait-ce que pour prévenir les suicides, concède Malika Lamblin. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des autres. »

effectif La possibilité pour les établissements classés en « site violence » d'accueillir deux assistants sociaux au lieu d'un, date d'une expérimentation de 1997. L'Education nationale employait 156 assistantes sociales dans le Nord à la rentrée 2006, contre environ 80 dans le Pas-de-Calais.