LOSC: «Les supporters lillois n'aiment pas les bourgeois», affirme Michel Seydoux

FOOTBALL Le président lillois évoque les différents dossiers du club nordiste et parle de la saison prochaine...

Francois Launay

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Michel Seydoux, le président du Losc.
Michel Seydoux, le président du Losc. — M. libert / 20 Minutes

Vente de Mouscron, Marc Coucke, avenir de René Girard, futur visage du LOSC, actuellement les dossiers ne manquent pas sur le bureau de Michel Seydoux. Interrogé par 20 Minutes, le président nordiste parle des différents sujets qui concernent son club. 

Confirmez-vous, comme l'affirme la presse belge, que Lille n'est plus actionnaire de Mouscron? 

Ce n'est pas encore officiel. Il y a encore un certain nombre de choses à conclure. Ça devrait venir dans les jours qui viennent. 

Cette cession va-t-elle entraîner un engagement plus conséquent de Marc Coucke au LOSC? 

Ça n'a pas de conséquence directe. Nous ne pouvions pas avoir deux clubs liés au LOSC dans la même compétition. Entre Ostende qui appartient à Marc Coucke (actionnaire minoritaire de Lille) et Mouscron qui est lié au LOSC, il fallait qu'un des deux partenaires se désengage pour respecter le règlement du football belge. Je ne voulais pas qu'il y ait de suspicion. De cette façon, nous n'aurons plus de procès d'intention au niveau éthique. Par contre, il n'y a pas de cause à effet avec un investissement plus conséquent de Marc Coucke au LOSC. 

Quels sont aujourd'hui vos rapports avec Marc Coucke? 

C'est un actionnaire du LOSC avec qui j'ai d'excellents rapports. Il ne va pas y avoir d'annonce différente de ce que sont les choses aujourd'hui. Nous continuons notre relation: Il est actionnaire et je suis le président en exercice. Après, les choses seront comme elles sont. Je n'ai pas de boule de cristal. 

A-t-il envie de s'engager plus? 

C’est à lui qu'il faut poser la question. Ce que je peux dire, c'est que j'apprécie énormément la relation qui s'est installée entre nous depuis presque un an. La seule cause à effet qu'il peut y avoir, une fois l'officialisation de la cession de Mouscron, c'est une accentuation de la relation entre le LOSC et Ostende dès la saison prochaine. 

Ce partenariat ressemblera-t-il à celui qui existait entre Lille et Mouscron?

Non, ce sera différent. Mouscron est un club filiale avec un projet géré par le LOSC. Ça nous a permis notamment de développer des talents. Avec Ostende, on n'n'intégrera pas al formation et l'entraînement à Luchin comme on le faisait avec Mouscron. Par contre, Il y aura un partenariat de développement de talents avec Ostende sous forme de prêt de joueur. L'avenir du foot passe par ce genre de partenariat. 

Savez-vous déjà quel visage aura le LOSC la saison prochaine? 

Oui car on travaille dessus. Quoi qu'il arrive, le championnat de France a énormément bougé depuis trois ans et la concurrence a été transformée. Aujourd’hui, un club comme Lille est un challenger qui n'a quasiment plus aucune chance de jouer la Ligue des champions. Quand on finit troisième, il faut désormais deux tours pour se qualifier et deux monstres économiques sont partis pour truster les deux premières places. Tout est en train de changer très vite et il n'y a aucune réforme actuellement dans le foot français. Si on ne se réforme pas, on est mort. 

Cela veut dire que vous allez vous séparer de vos meilleurs joueurs? 

Ça veut dire qu'il faut revenir à des fondamentaux. Le club idéal pour nous c'est quoi? C'est un mix entre des talents confirmés et des jeunes talents. C'est ça qu'on a commencé à faire et qu'on va continuer à faire. Il faut que nous soyons extrêmement performants en formation et en post-formation tout en sachant que la jeunesse a besoin d'être encadrée. C'est ce mix-là qu'on doit trouver. 

C'est un discours qui ne va pas faire rêver les supporters... 

Vous savez, je commence un peu à connaître les supporters. Je sais surtout qu'ils ne veulent pas voir des bourgeois sur le terrain. A chaque fois qu'ils en ont vu, ils ont été mécontents. Il faudrait que je sois complètement sourd ou que j'ai des boules Quiès pour ne pas le savoir (rires). Mais quand on leur met une équipe qui se donne du mal avec ses moyens, ils sont contents. Le supporter est conscient qu'on n'a pas les moyens du PSG. Il ne veut juste pas voir une équipe qui ne se donne pas du mal. Mon challenge doit être raisonnable économiquement et agréable à regarder. Les supporters veulent voir des joueurs qui jouent au foot, qui bougent sur le terrain. qui se battent. 

Mais avec une telle équipe, Lille aura du mal à viser le top 5? 

Ce n'est pas moi qui décide des places. Il y a un ensemble de paramètres économiques dont il faut tenir compte. Si je n'ai pas pu garder Kalou, c'est à cause de la taxe à 75% sur les salaires. Ça nous a aussi enlevé la possibilité de prendre deux très bons joueurs. Regardez ce qu'a fait Lyon cette saison: c'est un modèle qui est arrivé en haut. On va donc faire une équipe de jeunes ambitieux qui vont avoir une chance à saisir. Après, si le LOSC est pénalisé pour viser plus haut, ce n'est pas le seul. Il va y avoir un championnat avec des équipes challenger qui feront des saisons plus ou moins réussies. Je suis optimiste. 

Même si la saison actuelle n'est pas satisfaisante...

C'est vrai, elle ne l'est pas. Mais il faut aussi regarder le nombre de matchs qu'on a joué et les nombreux pépins physiques qui ont décimé notre effectif. La coupe d'Europe nous a coûté. Vous me direz pourquoi le Portugal réussit aussi bien alors? Et bien parce qu'ils ont un championnat à seize équipes, sans coupe de la Ligue. Ils sont donc plus frais quand arrive la coupe d'Europe. 

La saison prochaine se fera-t-elle avec René Girard aux commandes de l'équipe? 

Oui. René Girard est sous contrat jusqu'en 2016 et il sera donc l'entraîneur du LOSC la saison prochaine. En tout cas, nous la préparons dans ce sens.