Lille: Pas de solution à l'horizon pour la Malterie

CULTURE Une pétition a été lancée, il y a une dizaine de jours, par les artistes qui font vivre ce lieu culturel...

Mikael Libert

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Le collectif culturel lillois, la Malterie.
Le collectif culturel lillois, la Malterie. — Google Maps

Statu quo. L’association culturelle lilloise, la Malterie, ne trouve aucune solution à son problème de locaux. Le bail du bâtiment qu’elle occupe, à Wazemmes, arrive à échéance en décembre 2015. Le propriétaire des lieux veut, soit vendre, soit augmenter radicalement le loyer. Il y a dix jours, les artistes qui animent l’endroit ont lancé une pétition en ligne pour tenter de sauver le soldat Malterie.

Déjà 5.000 signatures

Mardi, le texte avait recueilli 5.000 signatures sur le site Change.org. «Si le public s’implique massivement, ça peut faire bouger les choses du côté des politiques, estime Patrick Drut, plasticien et instigateur de la pétition. Pour augmenter les subventions ou en trouver d'autres.»

Et, justement, c’est bien l’argent le problème. La mairie de Lille, principale source de subvention de l’association (70.000 euros) a déjà fait savoir qu’elle ne mettrait pas la main à la poche. Ni pour acheter le bâtiment, ni pour augmenter la dotation de la Malterie. «Le rachat de la Malterie par la ville n'est pas envisagé, compte tenu du montant», rappelait Marion Gautier, adjointe à la Culture à la mairie de Lille, lors du conseil de quartier de Wazemmes, en octobre dernier.

Cependant, l'adjointe affirme que la municipalité envisage d'autres solutions: «nous travaillons avec des promoteurs qui pourraient être susceptibles de racheter le lieu, tout en gardant un projet pour la Malterie». «Il y a eu quelques pistes, mais ça n’a jamais rien donné», se désole Aurélien Delbecq, porte-parole de l’association culturelle.

Un loyer multiplié par dix

Comme alternative à la vente, le propriétaire propose une augmentation importante du loyer. «Le bailleur veut multiplier notre loyer par dix», glisse le porte-parole de la Malterie. Autrement dit, passer de 800 à 8.000 euros mensuels. «On peut comprendre sa démarche, ce n'est pas un philanthrope, déplore Aurélien Delbecq. Mais nous n’avons pas les moyens. L'association est, financièrement, très fragile».

Avec l’arrivée de la droite dans le Nord, la Malterie craint aussi de voir s’envoler l’argent du conseil Général, environ 17.000 euros. «Nous n'avons pas d’a priori sur Jean-René Lecerf, le futur président, mais c’est souvent la culture qui trinque quand il faut trouver des économies», regrette le porte-parole.