Lille: Trop dangereux, les pavés du Vieux-Lille seront enlevés (poisson d'avril)

URBANISME Faute de pouvoir assurer la sécurité des piétons, la ville de Lille va recouvrir de bitume la plupart de ses rues pavées...

Olivier Aballain

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Les pavés du Vieux-Lille étaient trop glissants les jours de pluie
Les pavés du Vieux-Lille étaient trop glissants les jours de pluie — M. Libert

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Bienvenue dans le 21e siècle. La ville de Lille vient d'annoncer son intention de recouvrir par du bitume, d'ici la fin 2015, la plupart des rues pavées du Vieux-Lille.

La décision intervient après plusieurs tentatives, par les services de la ville et de la métropole, de remédier au déchaussement des pavés dénoncé par de nombreux riverains et usagers du secteur commerçant.

Ultime chantier en 2013-2014

Martine Aubry, elle-même habitante de la rue Sainte-Catherine, avait déjà fait part de son agacement, voici deux ans, avant de lancer un ultime chantier de remise à niveau: «Certains pavés sont bombés, tellement glissants et mal jointés qu'ils en deviennent dangereux», indiquait alors la maire de Lille. La rue des Chats-Bossus, les rues du Curé-Saint-Étienne, Lepelletier, et alentours, avaient été «rejointés» pour plusieurs centaines de milliers d'euros, sans grand effet au final.

Un sol instable et une population plus âgée

Le sol instable du Vieux-Lille, construit sur une zone humide il y a près de mille ans, a donc finalement eu raison de la persévérance des amoureux de la pierre. En outre, il se murmure, dans les couloirs de la mairie, que le vieillissement de la population dans le Vieux-Lille a considérablement accru le risque juridique lié au mauvais entretien de la voirie. «Et le temps humide n'arrange rien», glisse un membre du cabinet de la maire de Lille.

Selon nos informations, certains secteurs pavés particulièrement prisés des circuits touristiques devraient néanmoins être sauvegardés, comme la place aux Oignons, la rue des Vieux-Murs, mais peut-être aussi une portion de la rue Saint-André.

Il reste toutefois un détail: il faudra «modifier» en partie la définition du secteur sauvegardé, qui obligeait la ville à conserver l'aspect initial des rues «historiques». Le dossier devra donc passer en conseil municipal avant d'être transmis à la direction des affaires culturelles (DRAC).

Selon la mairie, le nouveau revêtement, un enrobé «écologique, équitable et fourni par une entreprise locale», a d'ores et déjà été choisi, en accord avec «l'ensemble des sensibilités» politiques de la majorité.