Nord: La Fondation Abbé-Pierre publie les chiffres du mal-logement

LOGEMENT Le Nord-Pas-de-Calais concentre un quart des logements potentiellement insalubres répertoriés en France...

Olivier Aballain

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Un logement insalubre dans le quartier de Fives, à Lille.
Un logement insalubre dans le quartier de Fives, à Lille. — M.Libert / Archives 20 Minutes

Le mal-logement est l'une des maladies chroniques dont souffre le Nord-Pas-de-Calais, surtout dans les zones urbaines denses. La Fondation Abbé-Pierre a fait un point chiffré ce jeudi sur le sujet.

Le Nord-Pas-de-Calais concentre un quart des logements indignes français

Plus de 155.000 logements nordistes sont répertoriés comme «potentiellement indignes», selon la Fondation. Le problème est aigu dans la métropole lilloise, où il concerne 17% des logements privés et 23% du parc locatif.

4.000 personnes vivent dans un bidonville

La Fondation Abbé-Pierre note la résurgence des bidonvilles, qui concernent maintenant 4.000 personnes vivant dans la région. L'afflux de migrants explique en partie ce chiffre élevé: la préfecture du Pas-de-Calais en a dénombré 2.300 ces derniers mois, contre 400 dans l'hiver 2013-2014.

Le nombre de ménages a progressé de 8,5%

De 1999 à 2008, la population nordiste a crû de 0,8%, mais le nombre de ménages affiche, selon l'Insee, une hausse de 8,5% en raison du phénomène de «décohabitation» (familles qui se séparent).

Conséquence: le besoin en logement neufs est évalué par la DREAL (direction logement de la préfecture) à 17.000 par an, alors que 2014 n'a vu démarrer la construction que de 14.200 hébergements, en baisse de 7% sur un an.

La Fondation Abbé-Pierre relève toutefois que la part des logements «très sociaux» (à loyer très bas) est élevée dans le Nord-Pas-de-Calais, atteignant près d'un tiers des logements HLM créés.

130.000 demandes de logement social en attente

Le «stock» de demandes de logement social en cours représente quatre ans d'attributions. Cette «tension» sur le logement social se répercute sur le bas de l'échelle, puisque selon la Fondation Abbé-Pierre en février 2015 un millier de personnes sont maintenues dans l'hébergement d'urgence, faute d'attribution d'un logement autonome. Au total, 400 ménages sont ainsi «bloqués dans leur parcours résidentiel», soit «autant de places indisponibles pour les autres ménages qui sollicitent une mise à l'abri».

Les recours «Droit au Logement opposable» (DALO) multipliés par 5

En cinq ans, le nombre de recours déposés par des ménages pour bénéficier du dispositif DALO a été multiplié par cinq. En 2014, environ 2.500 procédures ont été ainsi lancées pour obtenir l'accès en priorité à un logement social, avec une réponse positive dans 37% des cas en moyenne. Mais le taux de réponse positive avait chuté à 24% au premier trimestre 2014.

Retrouvez le rapport, très documenté, dans le lien ci-dessous

 

Mal Logement en Nord-Pas-de-Calais publié par oaballain