Nord: Front républicain, mode d'emploi

POLITIQUE Les partis traditionnels affinent leur stratégie pour contrer le Front national...

Olivier Aballain

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Hénin-Beaumont, le 22 avril 2012. Illustration sur le vote pour le premier tour de l'élection présidentielle dans le bureau de Marine le Pen (FN).
Hénin-Beaumont, le 22 avril 2012. Illustration sur le vote pour le premier tour de l'élection présidentielle dans le bureau de Marine le Pen (FN). — M.LIBERT/20 MINUTES

Contre un Front national qualifié au 2e tour dans 38 cantons sur 39 dans le Pas-de-Calais, et 38 sur 41 dans le Nord, les digues se dressent. Certains parlent de simple «barrage», d'autres de «front républicain». Explication de texte.

  • Le Front républicain: retrait en cas de triangulaire

L'UMP-UDI et le PS, les deux camps concernés par une triangulaire avec le FN dans le Nord (à Lille-6, Cateau-Cambrésis, Bailleul et Armentières) sont sur la même longueur d'onde: lorsque la victoire du FN se profile, le candidat le moins bien placé se retire.

C'est le cas uniquement au Cateau-Cambrésis, où le binôme socialiste est en ballotage défavorable (26,8%), face au FN (38,3%) et au binôme d'union de la droite (34,8%). «Il n'y a pas de report de voix possible, nous avons donc demandé à nos candidats de se retirer et d'appeler à voter pour la droite républicaine», confirme la direction du PS.

  • Le barrage: appel à voter pour le candidat non-FN

Là aussi, UMP-UDI et PS sont sur la même ligne. Dans les 12 duels opposant la gauche au FN, l'UMP-UDI devrait appeler à voter pour la gauche, et inversement dans les 22 duels opposant la droite départementale au FN.

Même le parti communiste annonce vouloir suivre cette stratégie, avec une subtilité sémantique. «Nous recommandons à nos électeurs d'utiliser leur bulletin de vote pour battre le FN», précise Fabien Roussel, patron du PC nordiste.

La stratégie laisse sceptique le frontiste Jean-François Bloc, qui affronte un candidat de droite à Tourcoing-2: «Je ne vois pas pourquoi les électeurs de gauche s'interdiraient de voter pour moi, alors qu'au conseil municipal je défends souvent des convictions plus proches des leurs que de la droite».

  • Le chacun pour soi

Dans trois des quatre triangulaires nordistes, PS et UMP-UDI estiment chacun avoir suffisamment de réserves de voix pour battre le FN. Le canton emblématique est celui de Lille-6, où les trois partis sont dans un mouchoir de poche autour de 29%, avec un léger avantage au parti frontiste. «Je ne me retire pas car je crois pouvoir gagner», explique Thierry Pauchet (UMP), dont le binôme est arrivé 3e à 1,5 point du FN.

De même, à Armentières le conseiller PS sortant Bernard Haesebroeck se maintient et compte sur les réserves de voix à gauche, alors qu'il est 3e avec 26,9%, loin derrière l'UMP-UDI (32,3%) et le FN (31,5%). Un pari risqué.