La trace de Jean-Marie Le Pen se perd dans le bassin minier

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Sujet tabou. Dans le bassin minier, l'arrivée en tête de Jean-Marie Le Pen lors du premier tour de la présidentielle était encore dans les esprits hier à l'occasion du second. Logique, dans un secteur où l'on votait traditionnellement à gauche. Mais à qui ont profité ces voix du Front national ? Difficile à dire. A la sortie des bureaux de vote de Rouvroy et de Pont-à-Vendin, personne ne reconnaissait avoir soutenu l'extrême droite le 22 avril dernier. Pourtant, ils étaient 21,68 % à l'avoir fait dans la première ville et 26,58 % dans l'autre. « C'est comme une connerie qu'un enfant aurait faite mais qu'il ne voudrait pas avouer », ironise Arlette, assesseur du bureau de vote dans une école de Rouvroy.

Hier, tout le monde cherchait des explications. Accoudé à la barrière du stade communal où l'équipe locale de Rouvroy affronte le voisin Oignies, Louis, un septuagénaire, était l'un des rares à assumer son geste. « J'ai voté Sarkozy au second tour. » Et au premier ? « Le Pen. C'est le seul à vraiment dire les choses. » Maryline, elle, est élue socialiste au conseil municipal de Pont-à-Vendin. Au sujet de la montée du Front national, elle évoque naturellement les nouveaux électeurs. « Trop facile d'accuser les jeunes », rétorque Stéphane, la trentaine bien sentie, qui voit plutôt dans le choix de Le Pen un « basculement du vote traditionnellement ouvrier ». Quelles que soient les explications, la participation, dans le Pas-de-Calais, était, vers 17 h, en baisse de deux points par rapport au premier tour. Certains avaient donc choisi de rester tranquillement chez eux, aux pieds des terrils. Etienne, lui, jeune retraité, était content d'avoir fait son devoir de citoyen. Il espérait encore la victoire de la gauche dans la région. « Faut pas oublier qu'on est une terre d'ouvriers, tout de même ! »