Nord: Le n°2 français de Toyota Monde a quelques conseils pour l'industrie hexagonale

INDUSTRIE Didier Leroy, nommé le 4 mars au poste de n°2 de Toyota Monde, partage avec «20 Minutes» sa vision de l'industrie...

Olivier Aballain

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Didier Leroy, n°2 de Toyota Monde
Didier Leroy, n°2 de Toyota Monde — O. Aballain

A 57 ans, le Nordiste Didier Leroy est le premier non-japonais à avoir été nommé n°2 de Toyota Monde.

>> Retrouvez ici l'article sur sa nomination

L'ancien patron de l'usine d'Onnaing, près de Valenciennes, revient sur sa nomination la semaine dernière, et déborde même un peu du cadre...

N'est-ce pas une grande fierté pour vous d'accéder à ce poste?

Bien sûr ça l'est, mais j'ai surtout beaucoup apprécié les centaines de mails que j'ai reçus, pas seulement des félicitations mais aussi une façon, pour mes interlocuteurs, de prendre une part de cette fierté. Et ils ont complètement raison.

Comment un Français a-t-il pu séduire à ce point ce groupe japonais?

Le premier facteur est l'humilité. Dans une société japonaise, il faut montrer que l'on est toujours capable de réapprendre. Ceci dit l'erreur à ne pas faire serait de vouloir tout faire comme au Japon. Il faut au contraire montrer ce que l'on peut apporter en plus.

Sur quel point la réussite de l'usine française a-t-elle le plus surpris la direction de Toyota?

Sur l'implication des salariés, dès le départ en 2001. Dans de nombreux pays étrangers, les Français sont vus comme des gens qui regardent la pendule à 16h55 parce qu'ils ont presque fait leurs 35h. Ce n'est pas vrai. Nous avons montré qu'il était possible de produire des voitures en France.

Didier Leroy, n°2 de Toyota Monde - O.Aballain

Auriez-vous des conseils à donner à la France pour conserver son industrie?

On le sait, ce qui nous pénalise ce ne sont pas les salaires, mais les charges qui pèsent sur les entreprises. Mais j'aimerais aussi que l'on trouve un moyen d'avancer ensemble avec les syndicats. Les représentants des salariés doivent pouvoir dire ce qui ne va pas quand la direction se trompe, c'est essentiel. Mais il serait temps d'abandonner la lutte des classes.

Après votre nomination, avez-vous été approché d'une façon ou d'une autre par le gouvernement français?

Non, absolument pas. Je suis ouvert à tout, mais nous n'avons jamais été sollicités, même lorsque l'exécutif a réuni les investisseurs étrangers pour faire le point sur l'attractivité de la France (en octobre). Peut-être sommes-nous trop petits (Toyota est depuis 2008 le 1er constructeur de voitures au monde)... Pourtant, nous avons investi un milliard d'euros à Onnaing depuis 2001, et créé 4.000 emplois.