Le Nord-Pas-de-Calais prêt à virer à droite

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Ensemble, tout deviendra peut-être possible pour Nicolas Sarkozy dimanche. Y compris le fait de devancer un candidat socialiste dans la région Nord-Pas-de-Calais au deuxième tour d'une élection présidentielle. Ce qui serait une grande première.

Au soir du 22 avril, Nicolas Sarkozy affichait un score de 27,92 % dans la région, contre 25,02 % à sa rivale. Mieux, il est parvenu à se payer le luxe de la devancer de 3 000 voix dans le département du Pas-de-Calais. L'un des plus à gauche de France.

Pourtant, pas de quoi fanfaronner, estime Marc-Philippe Daubresse. L'ancien ministre (UMP) du Logement pense que l'élection se jouera dans un mouchoir de poche : « Le peuple du Nord a besoin de se sentir protégé. Et Sarko est le plus sécurisant. Mais ça sera difficile. » D'autant que le candidat UMP n'est pas le seul à détenir les clés du scrutin. « L'interrogation demeure autour des intentions de vote des électeurs de Jean-Marie Le Pen », pense Frédéric Sawicki, directeur du Ceraps, un centre de recherche en politique basé à Lille. Se reporteront-ils sur Nicolas Sarkozy ? « Le taux de participation dans le bassin minier fournira un élément de réponse. Si les électeurs frontistes restent chez eux, Ségolène Royal devrait arriver en tête dans le Nord-Pas-de-Calais. »

Reste les voix de l'extrême gauche, dont le report vers le PS se fait ici plus difficilement qu'ailleurs. Un phénomène qui participe à l'érosion de la gauche, comme l'assure Serge Janquin, patron des socialistes du Pas-de-Calais. « Ce qui est sensible, ce n'est pas la baisse du PS, mais celle de ses partenaires traditionnels. » Ainsi, à Calais, l'une des dernières grandes villes communistes de France, Marie-George Buffet n'a pas dépassé les 5 % lors du premier tour.

Au-delà de ces paramètres inconnus, l'UMP reste confiante à deux jours du scrutin, comme l'assure Thierry Lazaro, premier secrétaire fédéral du Nord. « Les bouteilles sont déjà au frais. On y croit. On n'attend plus que ça. »