Calais: deux importants réseaux de passeurs démantelés

POLICE Les réseau avaient facilité le passage de centaines de migrants vers la Grande-Bretagne...

M.L. avec AFP

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Un navire de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais.
Un navire de la compagnie My Ferry Link entre au port de Calais. — M.Libert/20 Minutes

Deux réseaux de passeurs de Calais, qui ont acheminé illégalement des centaines de migrants outre-Manche et brassé des millions d'euros, ont été démantelés au cours des trois dernières semaines, a-t-on appris, lundi, auprès de la police aux frontières.

Mardi dernier, les policiers ont intercepté un fourgon qui partait de Calais pour gagner le port d'Ouistreham (Calvados). «Douze étrangers en situation irrégulière de différentes nationalités ont été découverts, dont deux femmes enceintes et une personne souffrant d'un handicap physique», peut-on lire dans un communiqué de la police aux frontières du Pas-de-Calais.

Près de 7.000 euros par tête

L'enquête a établi que les trois passeurs britanniques (le chauffeur du fourgon et ceux des deux berlines ayant transporté préalablement les migrants) «à cinq reprises ont organisé et réussi le passage d'une dizaine de clandestins à chaque fois, après les avoir placés en attente dans des hôtels calaisiens», apprend-on de même source. Ils faisaient payer 5.000 livres par tête (près de 7.000 euros) pour ce passage clandestin vers la Grande-Bretagne. Le total de leur «chiffre d'affaires» s'élève à près de 250.000 livres (350.000 euros), selon la police aux frontières. Jugés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer, ils ont écopé de peines allant d'un an à trois ans de prison ferme.

Deux millions d'euros de «chiffre d'affaires»

La police aux frontières a également annoncé, lundi, dans un autre communiqué, avoir démantelé, en février, un réseau de cinq passeurs albanais ayant «permis de transporter illégalement en Grande-Bretagne, sur les deux mois d'enquête, environ 300 ressortissants, très majoritairement albanais, pour un chiffre d'affaires estimé à environ deux millions d'euros». Réclamant entre 6.000 et 7.000 euros par personne, «ces passeurs n'hésitaient pas, avec la complicité des parents, à droguer les enfants en bas âge pour éviter que leurs pleurs n'alertent les services en charge des contrôles frontaliers», poursuit le communiqué.

La date du jugement des cinq passeurs devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer est encore indéterminée, notamment parce que le dossier de l'enquête est bien plus épais que pour les passeurs britanniques, selon une source proche du dossier.