Lille: Un «mur de la honte» contre le harcèlement de rue

SOCIÉTÉ Le collectif «Stop harcèlement de rue» a invité les femmes à écrire les «petites phrases» qu'elles subissent au quotidien...

Mikael Libert

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Le Mur de la Honte, du collectif Stop au harcèlement de rue, à Lille.
Le Mur de la Honte, du collectif Stop au harcèlement de rue, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes

«Eh, mad'moiselle, t'es bonne». C'est l'une des nombreuses insultes que l'on pouvait lire, dimanche, sur le «mur de la honte», installé sur la Grand' Place de Lille par le collectif «Stop harcèlement de rue». A l'occasion de la journée internationale des droits femmes, les instigateurs de l'événement voulaient montrer que, loin d'être rares, ces «petites phrases» étaient le lot quotidien de la plupart des femmes.

Femmes et hommes concernés

En moins d'une heure, le grand panneau qui figure le «mur» est déjà presque rempli. Sur les «post-it» multicolores, des dizaines de phrases obscènes ou insultantes. «Les gens viennent et écrivent ce à quoi ils ont été confrontés», explique Lucas Bolivard, le fondateur du collectif lillois.

C'est un florilège impressionnant où, quelle que soit la tournure employée, le caractère sexuel de l'intention ne fait jamais de doute. Entre le «C'est combien?», et le «Eh salope, tu suces?», on trouve aussi du «Sale PD». «Le harcèlement de rue ne touche pas que les femmes», tient à rappeler Lucas Bolivard.

«Je ne réponds pas»

Angélina, 15 ans, ne connaissait pas le collectif mais n'en est pas à sa première «expérience» de victime de harcèlement: «Ca arrive souvent, quand on est entre copines, raconte la jeune fille. Des remarques vulgaires, des insultes auxquelles je ne réponds pas».

Mélanie non plus ne répond jamais. A 29 ans, cette jeune maman avoue avoir peur: «Souvent ils crachent leurs insultes et ça s'arrête là, mais on ne sait jamais». Si Mélanie habite à Roubaix, elle subit néanmoins le harcèlement partout où elle va, «et peu importe la façon de s'habiller», glisse-t-elle.

Pour Majdouline Sbaï, vice-présidente EELV du Conseil régional en charge de la Citoyenneté, «il faut travailler sur l'éducation». Mais c'est un travail de longue haleine et, en attendant qu'il porte ses fruits, «nous ne sommes pas près de manquer de travail», se désole Lucas Bolivard.