Un climat politique tendu en permanence

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Dans la nuit de mardi à mercredi, la permanence de Bernard Roman, député PS du Nord, a été la cible de jets de briques. Symbole d'une tension qui monte à trois jours du deuxième tour de la présidentielle. Vendredi dernier déjà, c'était la permanence de l'UMP, rue de Solférino, qui avait reçu une drôle de visite nocturne. « Ils sont arrivés avec des tuyaux trouvés sur des chantiers et ont frappé les vitres et les gouttières », raconte une employée.

« Il est temps que la campagne s'arrête et que chacun revienne à la raison », résume Loïc Leserre, conseiller municipal UMP à Lille. L'élu sait de quoi il parle. Mardi, il tenait un stand sur la braderie de Lille-Sud dans le cadre de la campagne de Nicolas Sarkozy. Dans une atmosphère tendue, il a rapidement pris la décision de remballer les affiches de « son » candidat.

L'ambiance n'est pas à la fête non plus chez les jeunes. « Le climat n'a jamais été bon avec ceux des MJS, pense Loïc Cathelain, responsable des Jeunes Populaires UMP. On se fait traiter de fachos en permanence. » Et des mots aux maux, il n'y a qu'un pas. Deux colleurs d'affiches du PS en ont fait l'expérience ce week-end. Après l'attaque de leur voiture à coups de battes de base-ball, ils n'ont dû leur salut qu'à leur connaissance des chemins de la Pévèle, où ils ont semé leurs poursuivants. « Il faut être lucide. On n'arrivera jamais à devenir amis avec les militants UMP », sourit Magalie Herlem, responsable des MJS pour le Nord.