Lille: Dialogue de sourds entre le Crous et les étudiants d'une résidence «vétuste»

LOGEMENT L'association étudiante Ferul menace le Crous de faire la grève des loyers tant que des travaux n'auront pas été entrepris dans une résidence vétuste sur le campus de Lille 1...

Mikael Libert

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Une antenne du CROUS sur le campus de l'université de Lille 1.
Une antenne du CROUS sur le campus de l'université de Lille 1. — M.Libert / Archives 20 Minutes

Le problème ne date pas d'hier. La fédération des étudiants en résidence universitaire de Lille, la Ferul, dégaine à nouveau la menace d'une grève des loyers. En cause, la sempiternelle vétusté de certains bâtiments de la résidence Camus, sur le campus de l'université de Lille 1, à Villeneuve d'Ascq.

Insalubrité des sanitaires

La grève des loyers, ils l'avaient déjà faite, il y a cinq ans. A l'époque, trois syndicats étudiants reprochaient au Crous de ne rien faire pour remédier à l'état d'insalubrité dans lequel se trouvait la résidence... Camus. Cette fois-ci, c'est encore autour des sanitaires que ça coince, et particulièrement des douches. «C'est un peu mieux. Certains travaux ont été commencés, avoue Pacôme Hollestelle, président de la Ferul. Mais tout s'est arrêté d'un seul coup, sans explications». Au Crous, si on reconnaît que les sanitaires «ne sont pas en super état», on avance aussi sa bonne foi: «Nous nous sommes engagés sur des travaux de petite maintenance qui ont été faits, rétorque Zohra Bouattou. Nous avons changé les rideaux de douche, renforcé les bas de portes, refait les plafonds et changé les robinets». «Faux, répond Pacôme, les robinets n'ont été remplacés que dans une partie minime des bâtiments.»

Jeu de «ping-pong»

Le jeu de «ping-pong» entre étudiants et Crous pourrait durer longtemps sans que jamais l'on sache qui de l'œuf ou de la poule... Un autre exemple: le diagnostic amiante de la résidence Camus. Promise à une réhabilitation «prochaine», la résidence a fait l'objet de divers diagnostics en amont des travaux. «Ça fait des semaines que l'on réclame au Crous de nous fournir le compte rendu sur l'amiante, en vain», se désole Pacôme Hollestelle. Et au Crous de répondre: «Il y a eu deux réunions, le 4 et le 25 février, et nous n'y avons croisé aucun représentant de la Ferul». Mystère...

Il se pourrait tout de même qu'il y ait une logique derrière tout ça. D'un côté, des étudiants qui, selon le Crous, «rechigneraient» à quitter une résidence, certes vétuste mais au loyer de 150 euros (contre 250 euros dans les bâtiments rénovés). D'un autre côté, le Crous qui se refuse à engager des travaux trop importants dans une résidence qui devrait, un jour ou l'autre, être réhabilitée. En attendant, la menace de grève des loyers aurait déjà reçu l'aval de 200 étudiants de Camus et l'ultimatum devrait prendre fin d'ici à la mi-mars.