René Girard, l'entraîneur lillois.
René Girard, l'entraîneur lillois. — M.Libert / 20 Minutes

FOOTBALL

LOSC: «Je ne vais pas me jeter du pont du Gard», assure René Girard

L'entraîneur lillois réagit aux critiques de plus en plus nombreuses sur son management...

Fortement critiqué dans cette saison morose (Lille est 11e de Ligue 1) et désormais sifflé par son propre public qui réclame sa démission, René Girard est un homme en sursis au LOSC. Mais l'entraîneur lillois n'est pas le genre d'homme à se défiler. Interrogé sur les supporters, son image et son avenir, le technicien n'a éludé quasiment aucun sujet ce jeudi midi au domaine de Luchin avant le déplacement de son équipe samedi à Bastia. 

Comment avez-vous ressenti les sifflets du public et les appels à votre démission samedi dernier face à Nice? 

Ça ne fait jamais plaisir surtout que ça ne m'est jamais arrivé dans ma carrière. Je trouve ça dommage. Les supporters ont certainement leurs raisons. C'est beaucoup plus facile quand tout va bien. Mais dans ce genre de situation, il faut surtout regarder le déroulement de la saison. C'est ça qui fait qu'on est une période un peu plus délicate. Il n'y a pas eu que des grandes saisons à Lille. Tout le monde a mangé de la merde à un moment ou un autre; Après, je ne vais pas me jeter du pont du Gard. On en a vu d'autres. Je préférerais être mieux classé. Je respecte les supporters mais il faut aussi qu'ils me respectent. Je suis là, je suis prêt. Je n'ai jamais démissionné et ce n'est pas aujourd'hui que je vais le faire. Je vais aller au bout pour faire du mieux possible. Le groupe ne m'a pas lâché et c'est l'essentiel. Je comprends qu'il y ait des gens mécontents mais toute chose a ses limites.

Vous posez-vous des questions sur votre avenir en fin de saison? 

On aura le temps d'en parler d'ici là. 

Pensez-vous payer votre image médiatique de sanguin, provocateur, d'entraîneur défensif? 

Peut-être. Mais tout ce qu'on peut me reprocher, c'est de dire en face ce que je pense des gens. Je suis comme ça et ça me permet de vivre en paix avec moi-même. Le reste, peu importe. Si je dis «flûte», on va dire que je suis énervé.  

Vous avez quand même un petit côté parano...

Non. Pas du tout. Ce qui est écrit est écrit, ce qui est dit est dit. Je ne suis pas obligé de tout prendre pour argent comptant. Vous [les journalistes] ne détenez pas non plus la vérité. J'ai le droit de penser, de réfléchir et de dire ce que j'ai à dire. Par contre, je me rends compte d'une chose: le parano ce n'est pas moi, ils sont plus du côté des journalistes. Dès qu'on dit quelque chose qui va à l'encontre, c'est un peu gênant. Mais je ne suis pas une victime. Par contre, vous ne pouvez pas dire par exemple que Canal + me veut du bien. Dire ça, c'est être parano? Non.