Procès du Carlton: Si on relaxe DSK, pourquoi pas sa «bande de copains» ?

JUSTICE L'avant-dernière journée du procès du Calrton est consacrée à la défense des amis qui fréquentaient l'ex-patron du FMI...

Olivier Aballain

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Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction.
Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction. — M.Libert/20 Minutes

Au procès du Carlton, l'avant-dernière journée est consacrée à la défense des amis qui fréquentaient Dominique Strauss-Kahn dans les soirées organisées en présence de prostituées.

Ces soirées ont été une nouvelle fois dépeintes comme des «moments de fête», une manière pour certains de «lâcher prise» (Me Bluche, avocat du commissaire Lagarde). Il faut reconnaître que les avocats n'ont fait que suivre ainsi un sillon déjà tracé mardi par le procureur Frédéric Fèvre, lorsqu'il évoquait dans ses réquisitions un «groupe d'amis» qui dérape.

Quelles différences avec DSK?

Cependant pour les avocats, le procureur n'est pas allé assez loin. Quelle différence, finalement, entre l'ami qui invitait DSK (Paszkowski), et l'invité lui-même? «Fabrice Paszkowski participait aux ébats sexuels, même si ce n'était qu'en tant que voyeur», a rappelé l'avocat de l'entrepreneur, Me Karl Vandamme, qui réfute l'accusation de proxénétisme.

Quelle différence aussi entre le commissaire qui profite d'une soirée gratuite, et le patron du FMI épargné par le procureur? «Pourquoi trouve-t-on normal qu'un patron du FMI puisse être invité en soirée, et pas un policier?», s'étonne aussi Me Olivier Bluche. Pour lui, «c'est la condition de policier qu'on reproche» au commissaire Jean-Christophe Lagarde.

Enquête à charge

Tous, estiment Me Karl Vandamme et Me Olivier Bluche, ont subi une enquête «à charge» parce qu'on voulait atteindre DSK. Mais ils ne comprennent pas que la relaxe requise contre l'ancien patron du FMI ne vaille pas aussi pour eux.

Les plaidoiries se poursuivent jeudi après-midi avec la défense de David Roquet, troisième «ami» de DSK. «Ah! Ce que le pouvoir a du bon...», aurait soupiré ce dernier lors d'une soirée à Washington.