Procès du Carlton: Les trois avocats de DSK demandent la relaxe

JUSTICE Dans leur plaidoiries, ce mercredi, au tribunal de Lille, les avocats de DSK estiment que le dossier s'est effondré et demandent la relaxe de leur client...

Gilles Durand

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Interview d'Henri Leclerc et de Frédérique Baulieu, deux des avocats de Dominique Strauss-Kahn, à l'issue des plaidoiries, mercredi 18 février 2015 .(AP Photo/Michel Spingler)/SPIN105/190265147683/1502181255
Interview d'Henri Leclerc et de Frédérique Baulieu, deux des avocats de Dominique Strauss-Kahn, à l'issue des plaidoiries, mercredi 18 février 2015 .(AP Photo/Michel Spingler)/SPIN105/190265147683/1502181255 — Michel Spingler/AP/SIPA

Le procureur avait demandé la relaxe de Dominique Strauss-Kahn, mardi. A deux jours de la fin du procès du Carlton, les trois avocats de l'ancien patron du FMI, accusé de proxénétisme, ont, de ce fait, plaidé sur du velours, ce mercredi matin. «Il n'y a pas un seul élément qui établisse le proxénétisme, lance Me Henri Leclerc. Dominique Strauss-Kahn a une liberté sexuelle qui est la sienne, il a le droit

L'avocate dénonce les «anathèmes»

«Les participants à un acte sexuel collectif ne sont pas des proxénétes les uns des autres. Dominique Strauss-Kahn ne peut être autre chose qu'un client», assure Me Frédérique Baulieu. L'avocate met, notamment, en cause les témoignages de Jade*, une des ex-prostituées qui s'est portée partie civile, et condamne les «anathèmes» qui ont frappé DSK dans la presse. «Le traumatisme des anciennes prostituées vient de la médiatisation, et non de leurs rencontres avec mon client», glisse-t-elle.

Henri Leclerc, avocat de Dominique Strauss-Kahn.. (AP Photo/Michel Spingler)/SPIN105/296244524004/1502161143 - Michel Spingler/AP/SIPA

 

Viol de l'instruction

Les trois avocats n'ont cessé de dénoncer le viol de l'instruction. «Un danger démocratique» selon Me Richard Malka. Sa consœur, Frédérique Baulieu, ose parler de «procédés indignes» de la part des juges d'instruction: «Nous ne sommes pas loin d'une manipulation avec les SMS caviardés qui ont fuité dans la presse». Me Henri Leclerc s'interroge sur leur «impartialité». Il se souvient d'«une caricature de DSK, accroché sur le coffre du bureau d'un des juges»

DSK, le croque-mitaine

Enfin, le vieil avocat écarte d'un revers de manche la question de «la morale» qui «n'a rien à faire dans un tribunal». Tous trois ont, bien entendu, demandé la relaxe à l’issue de leur plaidoirie. Reste à savoir s'ils seront entendus par le président du tribunal, Bernard Lemaire.

«On a voulu faire de DSK un croque-mitaine», insiste Richard Malka. Dans son élan, il dresse un portrait flatteur de l'homme politique: «Quand il était ministre, il a redressé la France financièrement. Du jamais vu depuis Henri IV».

* Les noms ont été changés à la demande des avocats.