Lille: Interview du groupe Fauve: «On ne veut pas tomber dans la monotonie»

CULTURE Rencontre avec un membre de Fauve, à l'affiche du festival «Les Paradis artificiels», organisé du 10 au 24 avril dans la métropole lilloise...  

Gilles Durand

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Le collectif Fauve souhaiote garder l'anonymat médiatique.
Le collectif Fauve souhaiote garder l'anonymat médiatique. — Fauve Corp

Il y a deux ans, ils se produisaient au Grand Mix et, l'an dernier, ont rempli l'Aéronef. Ils reviennent à Lille, le 23 avril 2015, cette fois au Zenith, à l'occasion du festival «Les Paradis artificiels». Ils, ce sont les membres du groupe Fauve, phénomène musical français qui explose depuis plus de deux ans sur internet et sur scène. Entretien avec un des musiciens qui, au nom du collectif, souhaite garder l'anonymat.

Le Zenith, on n'a pas l'habitude de vous voir dans des salles aussi grandes?

C'est vrai qu'on n'aime pas trop les grandes salles. L'intérêt des concerts de Fauve, c'est l'intimité et la proximité. On n'est pas des musiciens très aguerris. On n'a aucune formation. Tout s'est passé très vite pour nous. On a été catapulté sur scène très vite, donc ça reste bancal. Mais il n'existe que peu de salles de 3.000 personnes en France. Pourtant, ce serait la jauge idéale pour Fauve.

On peut s'attendre à quoi lors de ce concert lillois?

Ce ne sera pas qu'un simple concert. L'enjeu sera de casser les barrières en essayant  de créer une soirée conviviale dans un lieu un peu froid. On va transformer la salle en ramenant de la déco, des stands de barbapapa, des baby-foot, par exemple. On va y ajouter le concept des Nuits fauves avec des DJ set, des projections vidéos ou des lectures. Ce sont des soirées qu'on organise depuis nos débuts scéniques à Paris. Cette fois, ce sera une nouvelle aventure dans des lieux beaucoup plus grands. On a déjà tenté ça dans les Arènes de Nîmes, et ça s'est bien passé.

Un nouveau défi pour éviter de tomber dans la banalité...

On a l'impression d'être banal, mais on ne veut pas tomber dans la monotonie. On a créé Fauve pour s'échapper de la routine de nos vies quotidiennes. Depuis un peu moins de deux ans, on a fini par lâcher nos boulots. On ne veut pas retomber dans la même routine, alors on se préserve.

Vous avez envie de suivre les traces de Shaka Ponk, côté scénique?

Pas du tout. Nous, on se concentre sur un truc plus brut de décoffrage. il n'y a pas d'écran de malade comme chez eux. On s'est posé la question d'en mettre un, mais ça coûte un bras. Cela dit, on a beaucoup de respect pour ce que fait Shaka Ponk, mais notre objectif n'est pas d'évoluer en finissant par faire des shows à l'américaine.

Le groupe Fauve, sur scène - Fauve Corp

Dans votre nouvel album, une chanson, Azulejos, n'a pas de musique. Pourquoi?

C'est la première fois qu'on fait ça. Au départ, il était prévu de mettre une musique mais ça gênait la rythmique du texte. L'interprétation changeait. On a choisi de garder la puissance du texte et le sens avant tout. Mais, à la base, ce n'était pas voulu.

Comment vous choisissez les titres?

Les chansons sont basées sur les chroniques de ce qu'on vit ou de ce qu'on voit. Autant les paroles doivent faire sens pour le public, autant les titres ont des références ultra-personnelles. Ils ne sont jamais choisis au hasard, mais ils appartiennent à notre petite mythologie.

Le morceau TRW et la phrase «Je ne vivrai pas sous le règne de ta terreur» sonnent étonnamment avec l'actualité?

C'est un hasard. il a été écrit avant les événements du début d'année. C'est un morceau qui parle des différentes peurs qu'on a. Mais de façon plus générale. Il parle, par exemple, tout autant des médias qui chopent les gens à la gorge pour faire du sensationnalisme.

Vous continuez à vous autoproduire?

Oui. C'est beaucoup de boulot, mais on s'est aperçu qu'on pouvait sortir nos disques sous notre propre label, Fauve Corp. En revanche, on est distribué par Warner. Au début, on recevait les disques directement de l'usine et on livrait la Fnac nous-même. Quand on a commencé à les recevoir par paquet de 10.000, on a abandonné. La logistique, c'est un métier et ce n'est pas très marrant à faire.

Infos concert. Fauve se produira le 23 avril, à 19 h 30 au Zenith de Lille, suivi de la soirée Les nuits Fauves. Tarif: 30 €.