Procès du Carlton: Les parties civiles épargnent DSK, demandent un euro symbolique

JUSTICE Bien que moralement sévères sur le fond du dossier, les plaidoiries des parties civiles ont plutôt épargné DSK au procès du Carlton, plusieurs abandonnant même les poursuites...

Olivier Aballain

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Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction.
Lille, le 2 fevrier 2015. Ouverture du proces pour proxenetisme aggrave, affaire dite du carlton de Lille devant le tribunal correctionnel. Ici la salle d'audience ou se derouleront les debats avec tous les dossiers de l'instruction. — M.Libert/20 Minutes

Le combat judiciaire est peut-être gagné pour DSK, puisque deux parties civiles ont annoncé qu'elles retiraient leur constitution de partie civile. Mais moralement, l'ancien patron du FMI n'a pas été épargné, lundi, par les plaidoiries des parties civiles au procès dit «du Carlton».

Qualifié tour à tour de «Sardanapale des temps modernes» (par l'avocat du Mouvement le Nid) puis de «Minotaure» (par l'avocat des ex-prostituées du réseau présumé), Dominique Strauss-Kahn a occupé une bonne partie de l'attention.

L'alpha et l'oméga du dossier

Placé au premier rang, le «brillant économiste» a tout écouté impassiblement, ne réagissant que très rarement aux plaidoiries qui se succédaient à deux pas de lui.

Pour Me Lépidi, avocat de l'association Équipes d'action contre le proxénétisme, DSK est pourtant «l'alpha et l'omega» du dossier.

Pour le Mouvement le Nid, Me Emmanuel Daoud s'interroge: «Dominique Strauss-Kahn ne savait-il pas que ces femmes étaient des prostituées?» Était-il si naïf alors que ses amis «jouaient les tour-operators du sexe?».

De fait, les «amis» en question peuvent craindre la condamnation.

Un euro symbolique

Mais DSK, lui, est protégé par l'insuffisance des charges pesant contre lui, comme l'ont rappelé successivement Me Lépidi, puis Me Gilles Maton, défenseur, avec Me Gérald Laporte, des 4 ex-prostituées parties civiles. Puissant, courtisé, présidentiable, «Strauss-Kahn ne paie pas, ou rarement, et c'est ce qui le sauvera sans doute dans cette affaire» analyse Me Maton.

Si bien qu'une association, Equipe d'action contre le proxénétisme, et les deux  prostituées (sur les quatre) qui poursuivaient DSK ont annoncé, via leurs avocats, qu'elles retiraient leur constitution de partie civile.

Les avocats des ex-prostituées, Me Maton et Me Laporte, ont par ailleurs ajouté que leurs clientes réclamaient symboliquement un euro de dommages et intérêts en cas de condamnation. Façon aussi «de faire taire certains commentateurs qui estimaient que l'argent était la motivation» des victimes déclarées.